Les négociations sur un accord interprofessionnel (AIP) au sein du Groupe des 10, qui regroupe organisations patronales et syndicales, débuteront véritablement lundi après-midi (à 13h00), par visioconférence, informe Thierry Bodson, président de la FGTB. Il insiste sur le fait que la marge maximale de 0,4 % calculée par le Conseil central de l'économie (CCE) doit surtout être indicative et non pas contraignante. Pour son homologue de la CSC, Marie-Hélène Ska, les discussions sur une telle base s'annoncent "extrêmement difficiles". Les réunions du Groupe des 10 ont lieu de manière virtuelle ces dernières semaines en raison de la situation sanitaire. Si ce sera encore le cas lundi, Thierry Bodson espère pouvoir passer à une version physique ensuite car il est compliqué de négocier dans ces conditions, explique-t-il.

Tenir compte de la situation

Le président de la FGTB entend donner sa chance à la concertation et voir jusqu'où il est possible d'aller dans les débats sur l'AIP. Il insiste toutefois sur la situation exceptionnelle actuelle. A ses yeux, on ne peut dès lors pas prendre le résultat du rapport du CCE "au pied de la lettre". Il insiste donc pour que la norme, "qui ne rencontre pas la réalité économique actuelle", soit avant tout indicative et que l'on tienne compte de la situation très différente selon les secteurs.

"Nous comprenons que la crise est exceptionnelle et que de nombreux secteurs sont en difficulté, mais en plus de cela, il y a des millions de travailleurs dans le secteur privé qui ont continué à travailler, qui ont fait en sorte que le pays continue à fonctionner, que nous ayons de la nourriture, qu'il y ait des transports, qu'il y ait un accueil, etc.", commente, de son côté, Miranda Ullens, secrétaire générale du syndicat socialiste. "Ils comptent également sur la reconnaissance de leur travail. Les 0,4%  ne sont vraiment pas suffisants", tonne-t-elle, qualifiant cette marge de "non acceptable".

Le son de cloche est similaire et tout aussi prononcé du côté de la CSC. Sa secrétaire générale Marie-Hélène Ska souhaite aussi que l'on tienne compte de réalités fort variables selon les secteurs. Elle prédit déjà des négociations salariales "extrêmement difficiles" sur cette base-là. "Il n'y a pas de négociation possible avec une telle marge", lance-t-elle.