La ministre de l'Energie et de l'Environnement Marie Christine Marghem dénonce mardi "une campagne de désinformation" de son homologue luxembourgeoise, qui a vivement critiqué la procédure lancée par la Belgique sur l'enfouissement des déchets nucléaires. Aucun site de stockage ni de type de roche pouvant accueillir les déchets n'ont encore été identifiés, souligne-t-elle.

Mardi matin, lors d'une conférence de presse, la ministre luxembourgeoise de l'Environnement, du Climat et du Développement durable a critiqué les "incohérences" et le "manque de transparence" de la procédure lancée par la Belgique. Carole Dieschbourg a réclamé davantage d'informations sur les incidences environnementales du projet alors que sept zones d'enfouissement potentielles ont été identifiées à la frontière avec le Luxembourg, a-t-elle expliqué.

La ministre Marie Christine Marghem ne cache pas son irritation face à ces reproches. Dans une réaction, elle s'étonne de cette sortie médiatique alors que son homologue luxembourgeoise n'a pas eu de contacts avec les ministres fédéraux belges compétents, et considère qu'il s'agit d'un "incident diplomatique sérieux".

"A ce stade, aucun site de stockage n'a été identifié ni même de type de roche pouvant accueillir les déchets, contrairement à ce qui a été affirmé pendant la conférence de presse", assure la ministre. "Diffuser une carte avec ces supposés sites auprès de la population luxembourgeoise ou parler d'une éventuelle pollution de l'eau n'est ni plus ni moins qu'une campagne de désinformation préjudiciable."

Marie Christine Marghem ajoute que la consultation publique lancée par l'Office national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf) respecte "en tous points" les législations belge et européenne ainsi que l'ensemble des traités internationaux. "Les nombreuses incohérences entendues veulent faire croire que la mise en oeuvre de la politique belge de gestion des déchets radioactifs se fera rapidement alors qu'il s'agit d'une première étape dans une procédure qui en comporte plusieurs chaque fois associées à des consultations du public", poursuit la ministre.