L'année dernière, la majorité de ces ouvriers venait du Portugal, des Pays-Bas et de Pologne, ajoute la Confédération dans un communiqué diffusé mardi. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette baisse. La Confédération y voit d'abord les fruits du Plan pour une Concurrence loyale, signé en 2015 par la Confédération Construction, les syndicats et le gouvernement fédéral. Ce plan prévoit notamment d'élargir à tous les chantiers de construction l'enregistrement des présences, d'instaurer un moyen d'identification visuel clair pour tous les travailleurs sur chantier, de limiter à deux niveaux le nombre de sous-traitants dans la chaîne verticale ou encore de créer un point de contact central pour la fraude sociale.

"De plus, depuis 2018, la réduction des charges tant attendue pour les entreprises qui effectuent des travaux immobiliers est devenue une réalité", se réjouit la Confédération Construction. "Concrètement, ces entreprises bénéficient depuis lors d'une réduction sur le paiement du précompte professionnel pour le travail en équipe lors de travaux immobiliers."

Activité en baisse

Une troisième cause pouvant expliquer le recul du nombre de travailleurs détachés est la crise du coronavirus qui a eu une influence négative sur le secteur de la construction. "L'année dernière, l'activité dans le secteur a baissé de 4,2 %, selon une analyse de la fédération sectorielle. À la suite de la crise sanitaire, les entreprises avaient moins besoin de travailleurs détachés. En outre, il était plus difficile pour eux de venir dans notre pays, en raison des mesures comme la quarantaine et la fermeture des frontières."

A noter que le nombre d'indépendants détachés, lui, continuait de progresser jusqu'à l'apparition de la pandémie, passant de 21.169 en 2017 à 23.829 en 2019 avant de retomber à 22.089 en 2020. Près de la moitié de ceux-ci sont d'origine polonaise devant des contingents nettement plus réduits de Néerlandais (2.327) et de Slovaques (1.264).