L'an dernier, l'ONEM comptabilisait 339 266 chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi (CCI-DE) tous les mois en moyenne, selon le rapport annuel de l'ONEM publié jeudi. Il s'agit d'une augmentation de 3 % par rapport à 2019. Leur nombre a de nouveau augmenté pour la première fois depuis 2015. "Mais cette augmentation a été compensée par une forte diminution du nombre de chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi (-37%)", ajoute l'Onem. Le nombre moyen de CCI passe dès lors à 378 147 allocataires par mois. Il s’agit là du niveau général le plus bas depuis 1980, et ce malgré la crise actuelle.

L'organisme relativise également cette augmentation au regard de la crise sanitaire et de son ampleur. "A titre de comparaison : en 2009, l'année où la crise bancaire atteignait son apogée, nous avions enregistré une augmentation de 7,5%", souligne l'ONEM.

Le nombre de chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi (CCI-DE) a augmenté dans les trois Régions. La progression relative est la plus importante dans la Région de Bruxelles-Capitale (+3,7 %), puis en Région flamande (+3,5 %) et enfin en Région wallonne (+2,2 %).

"Malgré cette évolution similaire du volume du chômage, il faut tenir compte du taux de chômage qui reste sensiblement plus élevé en Région wallonne et dans la Région de Bruxelles-Capitale qu'en Région flamande", souligne l'ONEM.

Selon le taux de chômage harmonisé de l'enquête sur les forces de travail (EFT), le taux de chômage belge a augmenté d'environ 0,2 point par rapport à 2019 pour atteindre 5,6 %.

Les chômeurs temporaires crèvent le plafond

En 2020, le nombre de chômeurs temporaires a atteint un record "historique" de presque 1,4 million de personnes concernées, ajoute l'ONEM.

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En moyenne, par mois pour l'année 2020, cela correspond à 196 865 unités budgétaires (équivalents temps plein), soit 10 fois plus qu'en 2019 (19 186), précise l'ONEM.

Selon l'ONEM, ce n'est pas uniquement le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale. Son ampleur est aussi plus de deux fois supérieure au pic précédent, celui de 1981 (93 271 unités budgétaires) et plus de trois fois supérieure au niveau atteint lors de la crise économique et financière de 2009 (60 196 unités budgétaires).

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L'an dernier, tous les pans de l'économie ont été touchés, y compris les employés, "ce qui n'était pas le cas en 1981 et très peu le cas 2009". En fin d'année 2020, le niveau du chômage temporaire restait plus élevé qu'au plus fort de la crise de 2009.

Nette hausse des dépenses

L'organisme précise également que ses dépenses ont connu une réelle flambée en 2020. Elles "s'élevaient à 10,9 milliards d'euros en 2020. La crise sanitaire a entraîné une dépense supplémentaire de 4,7 milliards d'euros par rapport au budget pour 2020 estimé dans le rapport annuel 2019 de l’ONEM. L'augmentation des dépenses la plus importante se situe dans le régime du chômage temporaire, où nous enregistrons une dépense supplémentaire de 4,042 milliards d'euros."