Les prix du pétrole étaient en forte baisse mercredi, dans le sillage des Bourses, secoués par les perspectives moroses de la demande d'or noir alors que le Covid-19 continue de se propager et que les stocks de brut aux Etats-Unis ont fortement augmenté selon l'API.

Vers 10H25 GMT (11H25 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 39,88 dollars à Londres, en chute de 3,20% par rapport à la clôture de mardi.

A New York, le baril américain de WTI pour le même mois abandonnait 3,97% à 39,00 dollars.

Les deux cours de référence retrouvent des niveaux de prix plus vus depuis le 5 octobre, après une journée de répit la veille et un plongeon de plus de 3% lundi.

Alors qu'une nouvelle salve de restrictions se profile en Europe avec de potentiels scénarios de confinement, les investisseurs en redoutent l'impact sur la reprise économique en cours et ses conséquences sur la demande de brut.

Tour de vis supplémentaire ?

L'Allemagne et la France doivent notamment décider mercredi un tour de vis supplémentaire dans l'espoir d'enrayer la deuxième vague de propagation du Covid-19.

Les nouvelles ne sont pas rassurantes non plus aux Etats-Unis où l'American Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier, a publié mardi son estimation de l'état des stocks dans le pays, rendant compte d'une forte hausse de 4,6 millions de barils, trois fois plus qu'attendu.

"C'est la dernière chose que les investisseurs ont envie de voir", a réagi Naeem Aslam, analyste d'Avatrade.

L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), aux chiffres jugés plus fiables, publiera les siens plus tard dans la journée. Selon la médiane d'analystes interrogés par l'agence Bloomberg, la hausse devrait être plus mesurée, de l'ordre de 1,5 million de baril.

De plus, "l'offre de pétrole brut de Libye augmente plus rapidement et à des niveaux plus élevés que prévu", ont prévenu les analystes de JBC.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé lundi la levée de l'état de force majeure sur le dernier champ pétrolier bloqué, déclarant ainsi toutes les installations pétrolières opérationnelles.