Dans une période marquée par la crise du coronavirus, Thomas Dermine (PS) ne dispose plus que d'une dizaine de jours pour présenter à la Commission européenne la dernière version du plan de relance belge. Le jeune secrétaire d'État à la Relance mise sur une enveloppe de 5,9 milliards, pour permettre les réformes et investissements planifiés pour les prochaines années en Belgique.

Il s'est exprimé ce matin sur ce plan "vert et digital", qui suit plusieurs axes stratégiques, qu'il a décrit auprès de Maxime Binet. "Si on veut faire face aux défis du futur, qui préexistaient à la crise du coronavirus, comme la digitalisation, le changement climatique ou la question de la mobilité, il faut qu'on réinvestisse massivement", a-t-il expliqué. Selon lui, la pandémie, malgré ses effets largement négatifs, a permis de mettre en lumière "ce qui nous permet de faire société ensemble", à savoir l'investissement public ou le système de sécurité sociale par exemple. "Cette crise n'est jamais que la première manifestation d'une crise systémique, liée à des dérèglements globaux. On va donc investir massivement dans la transition globale, environnementale et digitale donc, mais aussi dans certains fondamentaux de la société dans notre pays", a-t-il détaillé.

Qui parle de digitalisation de la société, parle évidemment de fibre optique et de 5G, une avancée technologique qui fait toujours polémique. Sur ce point, Thomas Dermine se veut optimiste mais surtout patient: "Il faut laisser les études se faire concernant l'efficacité de la 5G, mais il ne faut pas non plus se couper d'un potentiel, notamment économique, qui y est lié". C'est pourquoi le plan de relance établi par le jeune secrétaire d'État contient "toutes une série de projets tests sur l'application de la 5G, afin que la Belgique puisse se positionner sur ce genre de technologie".

Une coopération efficace entre les entités

Un tel plan n'est pas évident à mettre sur pieds, car il faut discuter de qui, entre les différentes entités fédérées, disposera de quelles parts du "gâteau". Les discussions, d'après Thomas Dermine, n'ont pas été longues, et le plan établi n'a évidemment pas satisfait tout le monde. "Je me rappelle qu'Alexander De Croo m'a dit qu'une bonne solution est une solution où personne n'est content. Je pense qu'effectivement ici personne n'était content et donc on avait une solution qui était acceptable", a-t-il ironisé. Mais pour le secrétaire d'État, rien ne sert de comparer les répartitions entre les différentes régions du pays. "Tout dépend de la localisation des projets", a-t-il rappelé, et si Bruxelles recevra une plus petite part que la Flandre par exemple, cela n'est pas spécialement représentatif, "car des projets hors de la capitale y auront tout de même un impact".

"Je sors de ce processus de création du plan de relance beaucoup plus rassuré que je ne l'étais sur l'état de la Belgique", a d'ailleurs poursuivi Thomas Dermine concernant la coopération entre les différentes entités fédérées belges. "On a travaillé avec tous les gouvernements ensemble, ce qui n'avait jamais vraiment été fait avant, dans une dynamique positive de fédéralisme de coopération". Néanmoins, il n'en a pas oublié l'idée d'une Belgique à quatre régions fortes et estime toujours que notre système institutionnel nécessite toujours une réforme qui irait dans ce sens.