On connaissait l’indice Big Mac, inventé en 1986 par l’hebdomadaire The Economist, basé sur le prix de vente du produit phare de l’enseigne McDo, mesurant la parité de pouvoir d’achat entre les pays. On connaîtra désormais l’indice de l’eau en bouteille du moteur de recherche de locations de vacances Holidu. 

Son objectif est toutefois plus touristique et environnemental qu’économique, puisque le prix de l’eau en bouteille est comparé au prix de l’eau du robinet et… à sa qualité, en vue d’aider ses voyageurs "à prendre des décisions intelligentes et abordables sur l'endroit où ils décident de séjourner". L’exercice a été fait sur base de bouteilles de 500 ml d’eau vendues dans quelque 120 destinations touristiques populaires, ainsi que dans des endroits où il y a un risque accru de pénurie d'eau du robinet.

Il faut dire que l’eau est la dépense quotidienne la plus basique des vacances et que le site jugeait qu’il était également utile "d'informer les voyageurs des restrictions auxquelles ils peuvent être confrontés", ajoute l’auteur de l’indice.

L’eau en bouteille n’est pas chère à Bruxelles

Dans le Water Price Index, deux types d’eau en bouteille sont étudiés : d’une part, une eau basique, abordable, vendue en supermarché, d’autre part, le prix de cette même eau basique mais ventilé avec le prix des trois marques d’eau les plus courantes (Evian, Perrier/Nestlé et la marque d'eau locale de la société Coca-Cola).

C’est à Oslo (Norvège) que l’eau basique est la plus chère : 1,52 euro. Suivie de trois villes américaines, Virginia Beach, Los Angeles et New Orleans, puis de Stockholm (Suède). A l’inverse, c’est à Beyrouth (Liban) qu’elle est la moins chère : 0,03 euro. Parmi les moins chères, on trouve ensuite Bangalore (Inde), Accra (Ghana), Lagos (Nigeria) et… Bruxelles (Belgique). Où le demi litre d’eau basique coûte 0,15 euro.

Différence de prix d'une bouteille d'eau moyenne par rapport au prix médian. © Holidu

"Si l'on compare les prix de plusieurs eaux de marque, indique Holidu dans son communiqué, Oslo reste la ville où l'eau en bouteille est la plus chère de l'indice, avec un coût supérieur de 194,90 % à la médiane mondiale, suivie de Tel Aviv, en Israël (+123,90 %) et de New York, aux États-Unis (+76,42 %)." 

Istanbul (Turquie) est la ville la moins chère, avec un prix inférieur de 69,43 % au prix médian, suivie de Naples (Italie, -67,45 %) et de Milan (Italie, -51,25 %). 

Et Bruxelles ? Alors qu’elle était à la 115e place sur 120 en eau basique, elle quitte le Top 5 mais reste dans le Top 10 des moins chères : 113e place sur 120, avec un prix médian inférieur de quelque 45% par rapport au prix médian.

L’eau du robinet : pas de rapport qualité/prix

De l’analyse de la qualité et rareté de l’eau du robinet, il ressort que les habitants d'Oslo sont aussi ceux qui la payent le plus cher, soit 212,24 % de plus que le prix médian mondial, suivis des habitants de San Francisco (États-Unis, +183,60 %) et de Wellington (Nouvelle-Zélande, +173,23 %). A l’inverse, Riyad (Arabie saoudite) est, parmi la centaine de villes étudiées, celle qui propose son eau au plus le bas prix : 98,17 % de moins que le prix médian. Elle est suivie par Le Caire (Égypte, -96,30 %) et Karachi (Pakistan, -95,71 %).

Qualité de l'eau. © Holidu

Et ce, sans qu’il y ait particulièrement un rapport de cause à effet. Ce n’est en effet ni à Oslo, ni à San Francisco, ni à Wellington que l’eau du robinet est la meilleure au niveau de la qualité, mais à Innsbruck (Autriche), Helsinki (Finlande) et Vienne (Autriche). 

Quant à la moins bonne, c’est à Lagos (Nigeria), Karachi (Pakistan) et Dakar (Sénégal) qu’on la trouve.

Bruxelles n’échappe pas à cette règle : son eau potable fait partie des plus chères (19e sur 120) pour une qualité qui ne l’est pas, puisqu’en la matière, elle est 59e sur 120.