A quoi doit-on s'attendre au niveau économique ?

"Je pense que l'on va avoir un second choc économique. Malheureusement, celui-ci va gâcher les fêtes de fin d'année. Elles sont très importantes pour les commerces puisque c'est à cette période que beaucoup d'entreprises font 50% de leur chiffre d'affaires. Mais ce second choc sera tout de même moins important que celui que l'on a connu en mars-avril. Il y a un effet d'accoutumance. s virus est mieux paramétré. Les gens ont également adopté des comportements de prudence. Par exemple, le télétravail est devenu une habitude. En quelques mois, nous nous sommes adaptés à la situation. Aujourd'hui, il y a moins d'angoisse parce que nous ne sommes plus face à des courbes de décès absolument phénoménales. "

Que préconisez-vous pour faire face à ce second choc économique ?

"A court terme, on ne peut pas faire grand-chose, seulement aider les personnes en maintenant le chômage technique ou partiel, et les allocations complémentaires pour les indépendants. Par contre, il est impératif que l'Etat donne et mette en oeuvre rapidement un plan d'investissements pour la Belgique dans différents domaines comme la mobilité, l'habitat, la transition énergétique,... Il faut absolument qu'aujourd'hui les autorités politiques expliquent comment elles comptent stimuler l'investissement dans le futur. On ne peut pas seulement vivre de manière passive avec des allocations. Il faut surtout relancer l'investissement productif mais cela prendra du temps. Plus tôt on commence, et mieux c'est."

L'Etat, a-t-il réellement les moyens d'investir dans le long terme ?

"Absolument... puisque la dette publique a augmenté de quasiment 20% (à 115% en 2020, NDLR). Aujourd'hui, la Banque centrale européenne (BCE) finance les Etats en créant de la monnaie. Les taux d'intérêt sont également négatifs. Donc, nous sommes dans la situation la plus aisée pour relancer l'investissement public. Bien évidemment, comme nos sociétés vont changer et qu'il y a de grands défis à mettre en oeuvre, ce plan d'investissements ne peut se faire qu'à long terme, sur 20 ans. Il faut surtout redonner confiance aux gens. Ce plan doit montrer aux Belges que l'Etat a une vision pour la société. On ne peut pas garder une population mobilisée s'il n'y a pas de la part de l'Etat une vision pour la collectivité. La seule qu'il doit donner maintenant, c'est une vision de bienveillance, de solidarité et d'investissement".

Dans ce cas, dans quel type d'investissement l'Etat et les Belges doivent-ils dépenser ?

"Principalement belges et dans des travaux d'infrastructures. Pour relancer l'économie, il faut que l'argent soit mobilisé, que les gens dépensent. Si l'Etat donne un plan d'investissements et donne en plus des stimulants fiscaux aux personnes qui veulent investir, cela donnera un projet d'avenir. C'est la base de la confiance mais pour ça, il faut un patriotisme économique, que les investissements soient surtout belges. On vit un choc important. Si on donne confiance à la population et que l'Etat montre lui-même le chemin, cela va rassurer la population et stimuler l'économie. Pour améliorer aujourd'hui, la situation économique en Belgique, il  n'y a qu'une seule chose à faire: se projeter dans l'avenir et favoriser les investissements au sein même de notre pays."