Un couvre-feu à 21 heures dans plusieurs grandes villes françaises et la fermeture de tous les établissements Horeca (bars et restaurants) aux Pays-Bas laissait supposer que le gouvernement belge allait aussi prendre des mesures drastiques en Belgique, même si différentes études tendent à démontrer que la majorité des contaminations n’émanent pas du secteur Horeca. Pour les cafés bruxellois, la messe était déjà dite puisqu’ils sont contraints à la fermeture depuis le 8 octobre dernier et ce pour une période d’un mois au minimum.

Le reste du secteur restait donc pendu à la décision du Conseil de Sécurité qui se réunissait ce vendredi. La crainte d’une fermeture pure et simple de l’ensemble des établissements, en ce compris les restaurants, était bien réelle. Au sein du Comité de Concertation, deux clans se sont largement opposés tout l’après-midi mais, au final, ce que craignait le secteur a été annoncé : tous les cafés et restaurants du pays doivent fermer pour une période d’un mois


Et pour ceux qui ont investi plexiglas, système de ventilation, etc) et respecté le jeu en supprimant une partie de leurs tables pour ménager plus d’espace et de distances entre les clients, la peine est double et incompréhensible. Ils avancent d’ailleurs les arguments des statistiques qui ne pointent pas l’horeca comme le lieu principal des contaminations. Ils ne comprennent pas non plus qu’on maintienne les centres commerciaux ouverts, là ou déambulent bien plus de personnes, autant de risques de contamination. De même, sur les marchés dominicaux, les clients sont souvent très proches les uns des autres et peuvent donc accroître le risque de propagation du virus. Une fois de plus, sans estimer être le seul secteur visé, l’Horeca ne comprend pas les mesures drastiques dont ils font l’objet. “Ce fut déjà le cas lors du premier confinement. Nous sommes le secteur qui a dû fermer en premier”, pointe Henri, qui ne sait pas si son restaurant situé place Saint Pierre à Etterbeek se relèvera de ce nouveau coup dur.

“Nous avons eu un protocole à suivre et nous l’avons majoritairement respecté. Maintenant, on voit que les gens se rassemblent dans des lieux privés, à leur domicile notamment, où l’on ne sait effectuer aucun contrôle. Si on estime que certains restaurateurs ne respectent pas les règles, il faut alors augmenter les contrôles et sanctionner ceux qui prennent des risques. Aujourd’hui, on paie à nouveau le prix fort et on ne sait même pas si on va pouvoir s’en relever. C’est sûr, les faillites seront nombreuses dans le secteur si on ne met pas des aides conséquentes sur la table.

Du côté du SNI, c’est l’incompréhension totale. “On ne s’attendait vraiment pas à ça”, s’indigne Christine Mattheeuws, présidente du SNI. "C’est injuste car on ne va pas sauver le pays en obligeant le télétravail et en fermant l’Horeca. Nous sommes en colère quand on voit une partie de la population qui ne respecte pas les règles. C’est là qu’il faut contrôler et prendre des sanctions. Les dommages vont être énormes pour les restaurateurs. L’an dernier, on a déjà enregistré 2 000 faillites. Cela va être bien pire cette année. Nous sommes en colère, il n’y a pas d’autres mots. Cette décision est incompréhensible.”