Interrogé mardi en commission de la Chambre, le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), a donné les chiffres du trafic aérien en Belgique avant et depuis la crise du coronavirus, ainsi que les pertes financières du secteur qui sont à prévoir.

"Belgocontrol (aujourd'hui skeyes, l'entreprise publique chargée du contrôle du trafic aérien, NdlR) estime que le trafic aérien baissera de 53% en 2020 par rapport à 2019", a-t-il indiqué. "Avant la crise, on prévoyait 1,349 million de mouvements dans l'espace aérien belge cette année. En janvier, il y en a eu 88.000, en février 84.000, en mars 53.000 et, depuis la fin mars, le niveau est à 10% de celui de 2019", a détaillé le ministre.

Au niveau financier, les pertes de revenus causées par l'arrêt quasi complet des vols internationaux de passagers se monteront à 150 millions d'euros en 2020 et 50 millions d'euros en 2021, si on se base sur les prévisions de l'Iata (l'Association internationale du transport aérien) qui envisage un retour progressif des vols à la fin de cette année, a annoncé François Bellot.

"En vertu de la réglementation européenne, skeyes devra supporter 4,4% de ce montant, le reste sera supporté par des tarifs plus élevés pour les compagnies aériennes en 2020", a ajouté le ministre fédéral de la Mobilité.

"Les conséquences de la crise se feront encore sentir pendant quelques années", a encore déclaré François Bellot.

Par ailleurs, au mois de mars, à peine 800 000 passagers ont voyagé via Brussels Airport. Une diminution importante (-60%) par rapport au mois de mars 2019, lors duquel près de 2 millions de passagers avaient été enregistrés. Le coronavirus a plombé les chiffres de semaine en semaine. Durant la dernière semaine de mars, l’aéroport enregistrait un repli de 95 % du nombre de passagers. Le fret aérien a également été confronté à un repli de la demande, de 14,6% par rapport au même mois l’an dernier.