Depuis le début de la crise du coronavirus, les Belges ont tendance à dépenser moins que les Européens.

Ils sont en effet plus nombreux à avoir diminué leurs dépenses (47%) que les Européens (44%). Les 14% de Belges qui ont dépensé davantage avec le coronavirus (14%) sont aussi en deçà de la moyenne pour l'Europe (20%), selon les résultats d'une étude internationale de la banque ING publiée jeudi. La crise a également eu un effet sur leur comportement d'épargne. Les Belges ont davantage adopté de nouvelles habitudes de paiement que les pays voisins. Ils sont 72% à avoir indiqué utiliser moins souvent de l'argent liquide depuis le coronavirus contre 57% en moyenne pour l'Europe.

La Belgique se démarque encore en ce qui concerne les achats en ligne, qui ont fait un plus grand bond en avant que dans les grands pays voisins. Près de 40% disent ainsi acheter plus de produits en ligne qu'avant la crise, alors que la moyenne est de 31% en France ou de 32% en Allemagne et aux Pays-Bas.

Selon l'enquête d'ING, 24% des Belges estiment par ailleurs avoir épargné plus à la suite du coronavirus. Mais, dans le même temps, 29% reconnaissent avoir diminué leur épargne. Il y a donc davantage de personnes qui ont expérimenté une diminution de leur épargne plutôt qu'une augmentation en la matière. Cela pourrait signifier que la diminution de la consommation observée est davantage le résultat d'une perte de revenus que d'une plus grande prudence, analyse la banque.

"En comparaison avec les autres Européens, les Belges font clairement exception", poursuit ING. Dans les autres pays, il y a en effet toujours (sauf en Turquie) davantage de répondants qui ont épargné plus que de sondés dans le cas contraire. Cela alors que la situation en Belgique pendant le confinement n'était pas très différente que dans les pays voisins, en termes de revenus de remplacements ou chômage temporaire par exemple, note la banque.

Il est possible que la différence avec les autres pays puisse s'expliquer par une compréhension différente du concept d'épargne, les ménages belges pouvant se sentir plus affectés par les variations boursières de leurs produits d'investissement, interprète ING.

Cette baisse de la capacité d'épargne des ménages ne semble cependant pas (encore) avoir touché leur patrimoine global, ni leur sentiment vis-à-vis de celui-ci. A noter toutefois que ce sont les ménages les plus fragiles financièrement qui ont été confrontés à une réduction de leur capacité à épargner à la suite de la crise.