La pilule avait du mal à passer auprès des Brasseurs Belges. Avec une réouverture des terrasses reportée au 8 mai, et une reprise complète repoussée (au mieux) en juin, les semaines à venir s'annoncent compliquées pour le secteur brassicole. "Les Brasseurs Belges comprennent les décisions et la difficulté de la situation mais regrettent les annonces faites au sujet de l’horeca lors de la conférence de presse tenue [ce mercredi] à l’issue du dernier comité de concertation. Le secteur est très déçu", précise la fédération dans un communiqué. "Les acteurs de l’horeca avaient pris toutes les dispositions nécessaires pour une réouverture sécurisée à la date prévue et étaient prêts à faire partie de la solution pour maîtriser la propagation du coronavirus."

Et la reprise annoncée des voyages non essentiels n'a fait que renforcer cette déception. "Cette mesure est d’autant plus regrettable que l’interdiction des voyages non essentiels sera levée à partir du 19 avril. En effet, dans certains pays limitrophes à la Belgique, les terrasses sont déjà ouvertes ou pourraient l’être à nouveau avant la fin du mois. Les citoyens belges auront donc tout le loisir de profiter des terrasses avant le 8 mai, pas en Belgique mais bien à l’étranger", déplore encore la fédération.

Qui sera encore là à la reprise ?

Les Brasseur Belges rappellent, s'il le fallait encore, l'état critique de leur secteur. "Comme le montrent les chiffres de l’étude menée le mois dernier par Graydon, tous les signaux sont au rouge pour les petits brasseurs, même pour les entreprises auparavant en bonne santé. Rien que pour le mois de mars, ce sont 12 brasseries qui ont dû cesser leurs activités en raison du contexte actuel. Quant aux bars et cafés, un cinquième d’entre eux sont au bord de la faillite", continue le communiqué.

"Les Brasseurs Belges sont tout à fait conscients que la situation reste délicate et qu’il faut se montrer prudent pour ne pas accroître la pression sur les hôpitaux. C’est justement pour cette raison qu’ils désirent continuer à apporter leur contribution de manière constructive. Le secteur exprime donc à nouveau sa volonté de poursuivre le dialogue entamé avec les décideurs politiques pour permettre malgré tout une réouverture plus rapide de l’horeca en définissant ensemble un cadre sécurisé."