"La théorie est fausse". Les scientifiques, l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) et les infectiologues Nathan Clumeck (CHU Sint-Pieter) et Leila Belkhir (UZ Sint-Lucas, Woluwe), proposent qu'un label "covid safe" soit désormais attribué à un lieu public sur la base d'un certain nombre de paramètres, comme une bonne ventilation, la durée d'exposition et la transmission par masque buccal. Ils préconisent des divisions au sein des secteurs et souhaitent également que l'autodiagnostic joue un rôle. Ils veulent ainsi éviter les mouvements de yo-yo, où les secteurs doivent se fermer et se rouvrir sans cesse.

De nombreux coiffeurs et esthéticiens ne sont pas favorables à une telle division, indiquent les fédérations dans un communiqué de presse. "Où place-t-on la limite ? Ensuite, un coiffeur ne pourra pas ouvrir la porte et la grande majorité des actions dans les salons de beauté se font sur le visage, donc ils resteront également fermés." Selon les fédérations, il n'y a pas de différence significative entre les professions de contact en termes de taux d'infection, "donc la théorie ne tient pas la route".

Assez des doubles stantards

La proposition d'ajouter l'autodiagnostic au protocole actuel tombe également sur un os. Les fédérations citent une enquête qui montrerait que six propriétaires de salons sur dix (interrogés) ne veulent pas de mesure supplémentaire. "Il n'y a aucun secteur qui s'est vu imposer autant de mesures et ce, avec la promesse que nous pourrions rester ouverts", déclare Mario Blokken, président de la Fédération belge de la beauté, dans le communiqué. "Alors que les professions de contact médical telles que les dentistes et les physiothérapeutes ne sont même pas tenues d'appliquer la moitié de ces mesures. La poursuite de cette approche déraisonnable est inacceptable pour le secteur. Nous n'acceptons plus les doubles standards pour les professions de contact".

Les fédérations affirment qu'elles continueront néanmoins à adopter une attitude "constructive". Il semble également que les coiffeurs et esthéticiens comptent pouvoir rouvrir le 26 avril, date qui avait été fixée à la base. Les fédérations précisent également qu'un plan de redressement financier est "indispensable".