Les ministres européens des Finances restent divisés sur la question d'un apport de ressources propres dans le budget de la zone euro, après une réunion jeudi à Luxembourg.

Ils se sont néanmoins entendus sur des points moins épineux, comme l'allocation et l'utilisation des fonds, ainsi que sur les modalités particulières en cas de crise économique.

"Il n'y a pas d'accord (...) pour augmenter l'enveloppe finale du budget de la zone euro avec des ressources externes", a reconnu le Portugais Mario Centeno, qui préside le groupe des pays ayant adopté la monnaie unique, lors d'une conférence de presse à Luxembourg, après la réunion.

"Il reste encore des sujets importants à régler", a déclaré le ministre français des Finances Bruno Le Maire, reconnaissant qu'il y avait eu des "discussions difficiles" entre les Etats membres.

"C'est un premier pas significatif et plus que symbolique. Mais nous devons aller plus loin", a estimé le Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

Le difficile sujet du financement de ce budget, et in fine de son montant, empoisonne les discussions depuis le début, il y a deux ans.

Pour l'instant, cet "instrument budgétaire pour la compétitivité et la convergence" - son nom officiel - est incorporé dans le budget de l'UE (donc des 27 pays de l'Union, le Royaume-Uni excepté en raison de son départ).

Son enveloppe s'annonce réduite: sont évoqués 17 milliards d'euros sur sept ans, de 2021 à 2027, un montant modique comparé à l'ambition de départ du président français Emmanuel Macron qui parlait de plusieurs points de PIB de l'UE.

Pour cette raison, la France souhaiterait lui donner la possibilité de grossir: soit par des contributions nationales des Etats membres qui le veulent bien, soit par des ressources externes, comme une taxe qui reste encore à créer, telle la Taxe sur les Transactions Financières ou TTF).

Mais les Pays-Bas, suivis par d'autres pays du nord de l'Union, freinent des quatre fers pour augmenter le volume des ressources propres de ce budget.

Et tout ceci dans un contexte où les discussions à 27 sur le budget de l'UE pour les sept prochaines années (2021 à 2027) s'annoncent particulièrement délicates avec le départ prévu du Royaume-Uni, l'un des contributeurs nets de l'Union.

Parmi les points d'accord atteints jeudi, les modalités de l'attribution des ressources de ce budget, destiné à soutenir les pays dans leurs réformes structurelles.

Selon M. Centeno, les fonds seront alloués en fonction de la population de chaque Etat et de son Produit intérieur brut (PIB): plus un pays a d'habitants et moins son PIB est élevé, plus il recevra d'argent.

Il a toutefois précisé que tous les pays de la zone euro recevront une part des fonds, "même les plus riches récupèreront au moins 70% de ce qu'ils ont versé".

Par ailleurs, M. Centeno a ajouté que, dans le cas des projets de réforme demandés, les États concernés devraient également apporter leur contribution financière. Ce taux de cofinancement a été fixé à 25%.

"Dans le cas de circonstances économiques graves, ce taux pourrait toutefois être réduit de moitié. Ce qui protégera l'investissement quand nous en avons besoin le plus", a-t-il dit.