En 2019, les exportateurs belges auraient théoriquement pu éviter 569 millions d'euros de droits de douane à l'importation de leurs produits vers 30 pays étudiés avec lesquels des accords de libre-échange ont été conclus, indique mercredi l'Agence pour le Commerce extérieur (ACE). Elle a mené une étude visant à déterminer dans quelle mesure et pourquoi les exportateurs belges ont recours ou non aux accords de libre-échange. 

L'étude examine qui a le plus à gagner de ces accords en combinant un pays importateur avec un secteur d'exportation (par exemple le secteur chimique). Une analyse approfondie de ces combinaisons permettra ainsi à l'Agence wallonne à l'Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX), hub.brussels et Flanders Investment & Trade (FIT) de se concentrer sur les exportateurs vers la Turquie et la Corée du Sud, où pourraient être obtenus les avantages compétitifs les plus importants (103,5 millions d'euros et 70,3 millions d'euros respectivement).

Du point de vue des secteurs, la chimie (87 millions d'euros) et l'alimentaire (65 millions d'euros) se distinguent parmi les combinaisons.

Un constat flagrant chez les PME

Pour l'ensemble des 30 pays étudiés, les clients des entreprises belges paient 132 millions d'euros en droits de douane à l'importation alors que cela ne devrait pas être le cas grâce aux accords de libre-échange. Les produits belges sont donc moins attrayants en matière de coût qu'ils ne pourraient l'être en réalité.

Une enquête menée auprès de 372 entreprises qui exportent vers un échantillon défini de pays (Afrique du Sud, Israël, Maroc, Égypte et Mexique) permet de mieux comprendre les résultats ainsi exposés. Il s'avère que les PME sont surreprésentées parmi les entreprises qui n'utilisent pas les accords de libre-échange. Près de 50 % de ces dernières évoquent principalement un manque d'information.

En revanche, pour un tiers des exportateurs il s'agit d'un choix délibéré. Ceux-ci indiquent que l'importateur ne le demande pas ou craint de rencontrer des problèmes qui pourraient entraîner des formalités administratives et des contrôles supplémentaires.

Le rôle que jouent les intermédiaires (expéditeur, agents des douanes, etc.) dans la logistique et les modalités pratiques est également crucial, selon l'ACE, qui constate que 81 % des exportateurs qui règlent leurs formalités d'exportation en passant par des intermédiaires ne savent pas si ceux-ci utilisent ou non un accord de libre-échange. Alors que deux tiers des entreprises interrogées présument qu'il serait mieux de les utiliser. Ces mêmes  entreprises indiquent qu'elles utiliseraient les accords de libre-échange si elles ne travaillaient pas par l'intermédiaire d'un tiers.