Les entreprises industrielles belges paient entre 7 et 27 % plus cher leur électricité par rapport à la moyenne constatée dans les pays voisins, selon une étude de Deloitte menée à la demande de Febeliec, la fédération des consommateurs industriels d'énergie. Cette dernière appelle les gouvernements et régulateurs, fédéral et régionaux, à mettre en œuvre une norme énergétique, en introduisant des mesures correctives lorsque les prix belges ne sont pas compétitifs comparés à ceux des pays voisins. Selon l'étude de Deloitte, une entreprise wallonne paie environ 5 euros de plus par mégawattheure (+11 %) pour une consommation d'électricité de 1 000 GWh et jusqu'à 16 euros/MWh (+27 %) pour une consommation de 100 GWh comparé au prix moyen de l'électricité en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. En Flandre, une entreprise paie environ 4 euros/MWh (+7 %) pour une consommation de 1 000 GWh et jusqu'à 8 euros/MWh (+13 %) pour 100 GWh.

Le CRM, un risque d'aggravation ?

"Le handicap pour les consommateurs industriels belges reste substantiel et l'industrie se retrouve clairement dans une position désavantageuse à la veille de la relance post-coronavirus", a exposé le directeur de Febeliec Peter Claes, jeudi, lors d'une conférence de presse.

La fédération craint par ailleurs que l'introduction annoncée du mécanisme de rémunération de capacité (CRM) pour de nouvelles centrales à gaz dans le cadre de la sortie du nucléaire d'ici 2025 aggrave davantage cette position. "Le CRM risque d'entraîner des coûts supplémentaires", a assuré le président de Febeliec Luc Sterckx.

C'est pourquoi la fédération appelle les gouvernements et régulateurs, fédéral et régionaux, à mettre en œuvre une norme énergétique s'appuyant sur des mesures correctives lorsque les prix belges ne sont pas compétitifs comparé à ceux des pays voisins. "Ces actions peuvent viser à réduire le handicap au niveau des taxes (fédérales et régionales) toujours croissantes et des coûts du réseau de transmission", avance la Febeliec