Les statistiques de licenciements collectifs pour l’année 2020 viennent d’être publiées par le SPF Emploi. Dans le contexte de la crise du coronavirus, ils étaient attendus. Verdict ? Si les chiffres sont en nette hausse par rapport aux trois années précédentes, ils n’atteignent toutefois pas un niveau record.

Avec 9414 travailleurs concernés par une annonce d’intention de procéder à un licenciement collectif entre janvier et décembre 2020 (2893 à Bruxelles, 4765 en Flandre et 1756 en Wallonie, mais il s’agit du lieu du siège et pas nécessairement du lieu de travail), on reste loin des chiffres de 2016 (12042), 2012 (16707) et 2010 (13017).

© IPM Graphics

2021 s'annonce difficile

Les nombreuses aides publiques aux entreprises (chômage temporaire, etc.) ont manifestement permis de limiter la casse. Provisoirement, du moins, car 2021 s’annonce difficile. Les suppressions d’emploi annoncées ces derniers jours chez L’Oréal, Solvay ou AGC le confirment.

Les mois de mai (1304), juin (2137) et octobre (1029) ont été les plus lourds de 2020 en annonces de licenciements collectifs, selon le SPF Emploi.

La crise se fait pleinement ressentir au 2e trimestre

Au premier trimestre, seules 7 procédures ont été annoncées, dont une grosse au sein de l’entreprise pharmaceutique GSK, qui a annoncé la suppression de 720 emplois début février.

Au deuxième trimestre, les conséquences de la crise du coronavirus se sont fait pleinement sentir, quatre fois plus de pertes d'emplois annoncées qu'au premier trimestre. Brussels Airlines a notamment annoncé en mai le licenciement de 950 membres du personnel. En juin, la société de catering Compass Group à Bruxelles liquidait 550 emplois.

Intensification au 3e et 4e trimestres

Au troisième trimestre, analyse le SPF, la crise du coronavirus intensifie son impact sur les différents secteurs économiques, avec notamment 373 licenciements chez l’entreprise de catering Sodexo.

Enfin, au dernier trimestre, le rythme des licenciements s'est intensifié dans certains secteurs : la métallurgie, la pétrochimie (notamment 261 emplois chez Exxonmobile), la distribution et l’ horeca (138 emplois chez Lunchgarden). Dans les autres secteurs, on pointera les 206 licenciements annoncés par le géant informatique IBM.

Le nombre de licenciements réels est souvent inférieur au nombre annoncé en début de phase d'information et de consultation.