Les marchés britanniques étaient portés par un vent d'optimisme sur le Brexit vendredi, qui faisait décoller la livre sterling et s'envoler de plus de 10% des titres d'entreprises centrées sur le Royaume-Uni, comme la banque RBS.

Après avoir grimpé de près de 2% la veille, la livre, baromètre de l'humeur des investisseurs sur le Brexit, a pris un temps autour de 1% face au dollar et à l'euro vendredi matin. Elle est à un plus haut en cinq mois face à la devise européenne.

Sur le marché boursier, les valeurs les plus dépendantes de l'économie britannique, dans le BTP, la finance et la distribution, s'emballaient et certaines connaissaient même des envolées d'une ampleur assez rare.

La banque RBS prenait 11,72%, sa concurrente Lloyds Banking Group 10,14%, le groupe de magasins de bricolage Kingfisher 10,89% et le groupe de construction Barratt Developments 10,43% vers 11H00 GMT.

"Les nouvelles positives sur le Brexit dopent RBS et les autres banques. La perspective qu'un accord soit conclu a augmenté", indique à l'AFP David Madden, analyste chez CMC Markets. Il précise en outre qu'en cas de Brexit sans accord, la Banque d'Angleterre pourrait ne pas vouloir baisser ses taux, ce qui serait positif pour les banques dont les marges souffrent en cas de relance monétaire.

"Le regain d'optimisme sur l'issue des négociations européennes dope des actions qui sont normalement dans la ligne de tir du Brexit, notamment dans la construction et les banques", renchérit Richard Hunter, analyste chez Interactive Investor.

En revanche, la vigueur de la livre pesait sur les titres de multinationales qui réalisent une grande partie de leur résultat dans d'autres devises, limitant la hausse de l'indice vedette FTSE-100 qui ne prenait que 0,40%.

L'indice élargi FTSE-250, qui reflète davantage la physionomie de l'économie britannique, bondissait quant à lui de 2,59%.

L'activité du Royaume-Uni aurait beaucoup à gagner d'une sortie de l'UE avec accord, qui permettrait à l'économie de se ressaisir, tant du point de vue de l'investissement que de la consommation.

Ce regain d'espoir est parti d'une déclaration commune jeudi du Premier ministre britannique Boris Johnson et de son homologue irlandais Leo Varadkar, estimant qu'un chemin était possible pour un compromis avant la date prévue du Brexit le 31 octobre.

La rencontre s'est conclue "sur une note étonnement positive", remarque Fiona Cincotta, analyste chez City Index.

Et à son tour le négociateur européen en chef Michel Barnier a salué vendredi une rencontre "constructive" avec le ministre britannique du Brexit Stephen Barclay, tout en recommandant la "patience".

Il n'en a pas fallu plus aux investisseurs pour pousser un ouf de soulagement et estimer que le risque d'une sortie sans accord, redouté des marchés et des milieux d'affaires, s'éloignait.

Neil Wilson, analyste chez Markets.com, prévient toutefois que cette hausse de la livre "pourrait être compromise en cas de nouvelle négative, mais réaliste, dans les prochains jours".