L'accord salarial conclu par la majorité fédérale, dans la nuit de mercredi à jeudi, suscite des réactions diverses dans les rangs politiques. Ainsi, si les libéraux tant du nord que du sud du pays se réjouissent "de la proposition de médiation raisonnable faite par le gouvernement dans le cadre de l'Accord interprofessionnel", le PTB, lui, dénonce "les miettes" laissées aux travailleurs. "Une prime unique de 500 euros net pour deux ans en plus des 0,4 %? Voila le maximum que veut imposer le gouvernement aux syndicats pour négocier. Même là où les dividendes explosent, interdit de réclamer plus. Les miettes, c'est pour les pigeons, les travailleurs méritent du respect", a ainsi tweeté Raoul Hedebouw (PTB).

L'accord auquel a abouti dans la nuit le comité ministériel restreint, dans le cadre d'une proposition de médiation après l'échec de la négociation entre les partenaires sociaux, prévoit une marge salariale de 0,4 % augmentée d'une prime ponctuelle 'corona' plafonnée à un montant de 500 euros net, uniquement pour les entreprises ayant enregistré de bons résultats pendant la crise.


"Ces éléments permettent de renforcer deux thèmes majeurs pour le MR : le pouvoir d'achat des travailleurs sans altérer la compétitivité de nos entreprises pour une économie belge gagnante", s'est de son côté réjoui, également sur Twitter, Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones.

Quant à Egbert Lachaert, le président de l'Open Vld, il s'est lui aussi déclaré satisfait de l'accord, "avec un maintien d'une norme salariale qui préserve notre compétitivité et des entreprises qui peuvent, en cas de bons résultats, accorder une prime unique de près de 500 euros net à leur personnel", a-t-il tweeté. "Le menu qui est sur la table permet maintenant aux partenaires sociaux de recommencer à travailler", a-t-il ajouté.

"Une occasion manquée" selon la FGTB

La secrétaire générale de la FGTB et présidente de la FGTB flamande, Miranda Ulens, a également fait part de sa déception jeudi matin sur les ondes de Radio 1, dans une première réaction à l'accord dégagé durant la nuit par le gouvernement fédéral. "Le fait que le gouvernement ait repris les négociations salariales donnait une chance de faire la différence. Mais des premières informations dont je dispose, il semble que ce soit une occasion manquée", a réagi la responsable du syndicat socialiste. Le gouvernement fédéral s'est mis d'accord durant la nuit pour permettre aux entreprises qui ont enregistré de bons résultats durant la crise d'accorder à leurs travailleurs une prime exceptionnelle de maximum 500 euros net en 2021. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une proposition de médiation après l'échec de la négociation entre les partenaires sociaux. La norme salariale reste fixée à 0,4%, hors indexation estimée à 2,8% sur les années 2021 et 2022.

"Les réactions de soulagement et de satisfaction dans le camp de la droite" en disent long, selon Miranda Ulens, qui réaffirme son opposition à une norme salariale de 0,4 %, jugée injuste pour les travailleurs.

Alors que la prime de maximum 500 euros pourra être décidée au niveau de l'entreprise, le syndicat socialiste estime que cela devrait se jouer au niveau sectoriel, dans un souci de solidarité.