Les taux d'emprunt en zone euro ont repris leur progression mardi, les investisseurs reprenant confiance à l'approche de l'échéance du Brexit au sujet duquel un accord semble encore possible, et grâce à la microéconomie américaine.

"Le marché obligataire avait été extrêmement pessimiste à la fin de l'été lorsque le taux allemand à dix ans était descendu jusqu'à -0,743%", a rappelé auprès de l'AFP Patrick Barbe, responsable des marchés obligataires européens chez Neuberger Berman.

Mais le marché a ensuite commencé à remonter "dans le sillage des dissensions devenues publiques au sein de la Banque centrale européenne (BCE), qui ont conduit à un changement au sein des anticipations de marché, les investisseurs n'espérant plus que la BCE baisse fortement ses taux", a-t-il complété.

A cela se sont ajoutées les "améliorations" constatées sur le plan du "Brexit et des négociations entre les Américains et les Chinois", qui ont contribué à accentuer la remontée des taux, les rendements français et allemands ayant signé vendredi des plus hauts depuis fin juillet.

Si ce mouvement de tension s'est un peu essoufflé lundi, où le marché obligataire américain était fermé, il a repris de plus belle ce mardi à la faveur d'un regain d'appétit pour le risque conforté tant par les premiers résultats des banques américaines que par l'espoir d'une issue imminente sur le front du Brexit.

Pour ce qui est des résultats des grandes banques américaines, "JP Morgan et Citigroup ont fait mieux qu'attendu, Goldman Sachs est ressorti conforme aux prévisions et Wells Fargo un peu en dessous", a souligné M. Barbe.

"Concernant le Brexit, les négociations redoublent, le marché considère que le fait qu'il y ait des discussions est positif", selon lui.

Le négociateur de l'UE Michel Barnier a jugé mardi possible de parvenir à un accord cette semaine. "Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore très possible", a confirmé son interlocuteur britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.

Ces informations, comme le fait que Bloomberg a indiqué dans l'après-midi que l'accord était à portée de main, ont fait flamber de plus de 1% la livre sterling.

Par ailleurs, la Chine a démenti mardi tout différend avec les Etats-Unis sur la recherche d'un accord commercial entre les deux pays, en dépit des compte-rendus divergents donnés à la suite des dernières négociations la semaine dernière à Washington.

A la suite d'une dernière série de pourparlers aux Etats-Unis, le président américain Donald Trump a annoncé vendredi un accord partiel "très important" avec la Chine, alors que Pékin se contentait d'évoquer "des progrès substantiels" dans la discussion commerciale.

A 18H00, le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne (Bund) a progressé à -0,420% contre -0,459% lundi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Le mouvement a été similaire pour celui de la France, à -0,125% contre -0,148%, celui de l'Espagne, à 0,221% contre 0,206% et celui de l'Italie, à 0,933% contre 0,909%.

Au Royaume-Uni, le taux d'emprunt à 10 ans s'est tendu à 0,686% contre 0,634%.

Aux États-Unis, où le marché rouvrait après un jour férié, le taux à dix ans progressait à 1,748% contre 1,729%, à l'instar de celui à 30 ans, à 2,219% contre 2,194%. Le taux à deux ans s'affichait pour sa part à 1,610% contre 1,591%.