Les interprètes de conférence, actifs dans des événements d'entreprises et autres congrès, lancent ce lundi un cri d'alarme, se sentant abandonnés dans les difficultés économiques dues à la crise du coronavirus. Ils "dépendent directement du secteur de l’événementiel pour survivre", un secteur qui est quasi intégralement à l'arrêt, note la Chambre Belge des Traducteurs et Interprètes (CBTI), qui représente environ 600 professionnels de la traduction dont 200 interprètes.

Chute de 50 % des revenus

Pour tenter d'estimer les dégâts causés par la crise du Covid-19 au secteur de la traduction et de l'interprétation, la CBTI a mené une enquête auprès de ses membres. "Le résultat est sans appel", précise le communiqué. Si les traducteurs parviennent à limiter la casse, les interprètes ont perdu jusqu'à 63 % de leurs revenus durant le troisième trimestre de 2020. "En moyenne, les traducteurs doivent prévoir une évolution de leur chiffre d’affaires d’environ -15% sur l’année à la suite de la pandémie. Les interprètes de conférence, sur l’ensemble de l’année, auront vu fondre leur chiffre d’affaires d’environ -50%. Ils sont donc à l’évidence un secteur très fortement touché par la crise du Corona."

Les aides de l'Etat pour le secteur ne suivent malheureusement pas, "puisqu'ils ne sont pas considérés comme faisant partie du secteur de l'événementiel", déplore Guillaume Deneufbourg, président de la CBTI.

Les mois d'octobre et novembre correspondent normalement à la saison haute pour les interprètes. La chute de leurs revenus à cette période n'augure rien de bon pour les premiers mois de 2021, généralement plus creux.

"Faire entendre leur voix"

Aujourd'hui, c'est un véritable appel à l'aide que lance ce secteur aussi méconnu qu'indispensable. "Les interprètes de conférence sont rarement mis sur le devant de la scène : la discrétion fait partie intégrante de leur métier. ll n’en a pas été autrement cette année lorsque la crise sanitaire a provoqué l’annulation ou le report de tous les événements, conférences et congrès internationaux : leur détresse est passée inaperçue. Pourtant, la plupart d’entre eux dépendent directement du secteur de événementielle pour survivre. Un secteur aujourd’hui complètement à l’arrêt. Ceux qui d’habitude permettent aux autres de faire entendre leur voix souhaitent aujourd’hui exprimer la leur."

"Il faut réinstaurer un moratoire sur les frais élevés (fixes) ou remboursements d'emprunts, et tenir compte de la saisonnalité du métier", souligne Max De Brouwer, interprète de conférence, qui souhaite des aides adaptées à la perte du chiffre d'affaires.