"Je ne parlerais pas de représailles mais de conséquences", a répondu M. Chapman que le journal interrogeait sur de possibles représailles américaines si Brasilia choisissait Huawei pour l'installation du réseau de nouvelle génération de technologie mobile, la 5G.

Brasilia devait lancer cette année son appel d'offre pour la 5G sur l'immense marché de 212 millions d'habitants, mais le planning a été repoussé à 2021 par la crise du coronavirus. Hormis Huawei, les suédois Ericsson et finlandais Nokia sont sur les rangs.

L'enjeu est de taille, en raison de la pression des Etats-Unis sur leurs alliés pour que l'équipementier télécoms Huawei soit exclu des réseaux 5G, Washington accusant l'entreprise privée d'espionnage pour le compte de Pékin.

"N'importe quand, le gouvernement chinois peut demander à Huawei de lui communiquer des informations", a assuré l'ambassadeur à O Globo.

"Nous n'avons pas d'entreprise américaine en lice", a souligné M. Chapman. Mais "c'est une question de sécurité nationale".

Si le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a tenté depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an et demi, de tisser des liens étroits avec l'administration Trump, il doit aussi ménager la Chine, premier partenaire commercial du Brésil.

Les "conséquences" pourraient être d'ordre économique, a expliqué l'ambassadeur américain. "Quand vous investissez, vous regardez où vous pouvez le faire (...) Notre économie est basée sur les services. La plus grande exportation des Etats-Unis, c'est la propriété intellectuelle. Nous devons (la) protéger".

La position des Etats-Unis consiste à "alerter" les "alliés comme le Brésil" sur le fait de savoir "avec qui ils travaillent", a ajouté M. Chapman.

Il a expliqué que les Etats-Unis seraient prêts à proposer des financements pour l'implantation de la 5G à travers l'International Development Finance Corporation (IDFC), une institution de financement américaine, "pour ceux qui achètent des produits auprès de fournisseurs fiables".

Le Royaume-Uni a annoncé à la mi-juillet sa décision d'expurger son réseau 5G de tout équipement produit par Huawei, invoquant un risque pour la sécurité.

La décision de Londres a été saluée par l'administration américaine, et dénoncée comme "politisée" par Pékin. Nokia et Ericsson ont dit être en mesure de remplacer le groupe chinois au Royaume-Uni.