L’année 2020 a été particulièrement éprouvante pour la filière Champagne, dans le monde entier. La fermeture des principaux lieux de consommations et de ventes, ainsi que l’annulation de nombreux événements ont pesé sur la filière qui a dû s’adapter très rapidement, dans un contexte de fortes incertitudes, pour résister aux conséquences de la crise sanitaire et économique.

La filière Champagne enregistre ainsi une baisse de 18 % des volumes de bouteilles expédiées, contre - 30 % redoutés au premier semestre 2020, grâce aux expéditions de fin d’année. Le chiffre d’affaires de la filière devrait s’établir autour de 4 milliards d'euros, soit une perte d’environ 1 milliard d'euros sur un an.

Le marché français, déjà affaibli avant la crise, continue de décliner (-20 %). Les trois premiers marchés à l’export du Champagne ont également enregistré cette année une forte baisse : États-Unis (-20 %), Royaume-Uni (-20 %) et Japon (-28 %). Ces chiffres sont de premières tendances estimées sur la base de 80 % des volumes expédiés.

Diminution de seulement 5 % en Belgique

Cependant, cette baisse a été atténuée par la relative résistance des marchés traditionnels d’Europe continentale : Belgique (-5 %), Allemagne (-15 %), Suisse (-9 %). À noter, une belle progression du marché australien avec +14 %. Au total, l’ensemble des marchés à l’export est en repli de 16 %.

Le Comité Champagne, réuni ce jour, a confirmé la décision prudente adoptée en juillet dernier d’ajuster le volume de la récolte de raisins pour l’année 2020 afin de répartir les efforts entre les vignerons et les maisons de Champagne. Au regard des performances économiques constatées, il a également décidé de compléter la récolte disponible (8.000 kg/ha) par une sortie de la réserve interprofessionnelle de 400 kilos de raisins par hectare. Ces décisions permettent à la filière d’aborder l’année 2021 avec sérénité.

"Face à une crise sans précédent, l’organisation unique de notre filière a démontré sa résilience. Les vignerons et les maisons de Champagne ont su prendre, collectivement, les décisions prudentes qui s’imposaient sur les rendements dès le mois de juillet. Aujourd’hui, la décision d’ajustement du Comité Champagne va permettre à tous de retrouver quelques marges de manœuvre", explique Maxime Toubart, co-président du Comité Champagne et Président du Syndicat Général des Vignerons.

"Malgré la crise, le Champagne est resté dans le cœur des consommateurs qui ont eu besoin de mettre un peu d’exceptionnel dans leur quotidien et de choisir des produits de qualité quand de nombreux autres plaisirs étaient impossibles du fait de la crise sanitaire", poursuit Jean-Marie Barillère, co-président du Comité Champagne et Président de l’Union des Maisons de Champagne. "C’est la force et la puissance de notre appellation d’être gage de prestige, mais surtout de qualité pour les consommateurs."