Le gouvernement britannique publie jeudi ses objectifs pour les prochaines négociations commerciales post-Brexit avec l'Union européenne, déjà marquées par des profonds désaccords avant même qu'elles ne commencent.

Deux jours après l'approbation par les ministres des 27 pays de l'UE du mandat de négociation européen, c'est au tour de Londres de dévoiler ses priorités pour les négociations qui doivent démarrer lundi.

Malgré la complexité de la tâche, les deux parties ont dix mois pour s'entendre, avant la fin de la période de transition le 31 décembre, durant laquelle le Royaume-Uni continue d'appliquer les règles européennes.

Une des pierres d'achoppement est l'exigence de Bruxelles que le Royaume-Uni continue de respecter certaines règles de l'UE sur le long terme, notamment en matière d'aides d'Etat, d'environnement ou de fiscalité, en contrepartie d'un large partenariat et d'un accès au marché unique européen.

L'objectif est d'éviter une concurrence déloyale que les 27 redoutent tout particulièrement.

Mais le gouvernement de Boris Johnson ne l'entend pas de cette oreille: le but du Brexit était justement d'assurer "l'indépendance économique et politique" du Royaume-Uni.

Autre pomme de discorde, la question ultra-sensible de la pêche. L'UE veut "maintenir un accès réciproque" aux eaux territoriales des deux pays.

Une position difficile à accepter pour Londres, malgré la mise en garde de l'UE qui conditionne la conclusion d'un partenariat commercial à un accord sur la pêche.

Boris Johnson a répété à plusieurs reprises vouloir un accord commercial basique, comme celui négocié par l'UE avec le Canada, qui préserverait l'autonomie économique de son pays.

Mais pour Bruxelles, la proximité du Royaume-Uni et les profonds liens forgés durant cinq décennies d'appartenance à l'UE, son premier partenaire commercial, en font un cas particulier.

Les deux parties se sont dites prêtes à l'éventualité d'une absence d'accord, aux conséquences économiques pourtant désastreuses des côtés de la Manche.