Les employeurs interrogés sont davantage préoccupés par l’engagement (56,2%) et le départ éventuel de leurs collaborateurs (34,8%) que par l’insécurité d’emploi (17,4%). Même si les petites entreprises sont nettement moins préoccupées que les grandes de l’engagement de leurs collaborateurs.

Pour de nombreux travailleurs, la crise sanitaire implique un changement dans leur travail : chez un employeur sur quatre, le travail est adapté pour permettre de garder les collaborateurs au travail ; un employeur sur quatre mise sur une occupation temporaire dans d’autres services et un employeur sur cinq confie aux travailleurs des tâches alternatives sortant le contenu de leur fonction habituelle.

"En cette période particulière, chacun fournit des efforts supplémentaires pour continuer à travailler", explique Monica De Jonghe, Directeur général, Fédération des entreprises de Belgique (FEB). "Tant les employeurs que les travailleurs font preuve de plus de créativité quant au contenu du travail, à une organisation du travail plus flexible et à l’employabilité interne. En temps normal, on se heurte rapidement au droit du travail beaucoup trop strict, mais la période actuelle prouve qu’on peut faire autrement !"

La crise a également un impact sur la relation entre employeur et travailleur. 54% des employeurs indiquent faire davantage confiance à leurs collaborateurs qu’avant la crise (contre 11% chez qui c’est moins). Cette confiance accrue pourrait bien expliquer l’attitude plus positive des employeurs (58%) à l’égard des horaires flexibles, ainsi que l’aisance relative avec laquelle ils trouvent un équilibre entre l’autonomie qu’ils accordent à leurs collaborateurs et leur suivi.

Il est frappant de constater que le contrôle des heures prestées diminue, alors que le suivi des résultats change, mais de manière plus variable. "Moins suivre les résultats n’est pas positif pour le bien-être mental des collaborateurs", ajoute Kathleen Vangronsvelt de Antwerp Management School (AMS). "Certains employeurs veulent ménager leur personnel, parce qu’ils pensent que c’est déjà bien assez difficile de combiner travail et vie privée ou de supporter la solitude. Mais le fait de ne pas poser de questions sur une échéance dépassée ou une mission oubliée interroge les collaborateurs sur l’utilité de leur travail."

Quatre employeurs sur cinq s’inquiètent de la santé mentale de leurs collaborateurs. Même si les travailleurs sont soutenus par leurs collègues (78%) et leurs supérieurs (70%), et si la moitié des employeurs sont impressionnés par la résilience de leurs collaborateurs, l’inquiétude reste grande. Deux tiers des employeurs estiment aussi qu’ils ne répondent pas correctement au besoin de cohésion