Économiste chevronnée, Ngozi Okonjo-Iweala, 66 ans, nommée lundi directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), est une des femmes les plus puissantes du Nigeria. En plus d’être la première femme à la tête de l’OMC, elle en sera aussi la première dirigeante originaire d’Afrique.

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Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, Mme Okonjo-Iweala a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 1982, où elle a travaillé pendant 25 ans. "Je crois qu’elle a fait du bon boulot, que ce soit au Nigeria ou dans les autres pays où elle a travaillé", déclare Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Development, basé à Abuja. "Elle n’est pas juste aimée au Nigeria, elle est adorée, c’est un symbole […] pour les femmes", ajoute Mme Hassan.

Souvent surnommée "Dr Ngozi", Mme Okonjo-Iweala est née en 1954 à Ogwashi Ukwu, dans l’ouest du Nigeria. Son père est un chef traditionnel.

La nouvelle DG de l’OMC a cependant passé la majorité de sa vie aux États-Unis, où elle a étudié dans deux universités prestigieuses, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard.

La candidature de cette femme au parcours impressionnant ne faisait toutefois pas l’unanimité.

"Ministre, elle a peut-être adopté quelques réformes sur la transparence, mais près d’un milliard de dollars disparaissaient chaque mois des caisses de l’État quand elle dirigeait les Finances", estime Sarah Chayes, auteure de Thieves of State (Voleurs d’État, en français), un livre-enquête sur la corruption à grande échelle.

Mme Okonjo-Iweala n’a toutefois jamais été poursuivie par la justice pour pillage des caisses de l’État.

Mme Okonjo-Iweala a été nommée en juillet envoyée spéciale de l’Union africaine dans la lutte contre la pandémie sur le continent. À la présidence de l’OMC, elle aura fort à faire dans un contexte mondial de crise économique et de crise de confiance dans l’organisation, au moment où la libéralisation du commerce mondialisé est vivement contestée. Selon elle, la montée des protectionnismes et du nationalisme à travers le monde s’est accentuée avec la crise et les barrières devraient être abaissées pour relancer l’économie.