Le pouvoir chinois, cible pendant quatre ans de la vindicte du président Donald Trump, a paradoxalement paru déstabilisé par la victoire de Joe Biden, attendant plus d'une semaine pour la reconnaître et adresser ses félicitations au candidat démocrate.

Lundi, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a cependant soufflé le chaud en s'adressant par visioconférence à des hommes d'affaires américains réunis au sein du US-China Business Council. "A l'heure actuelle, la tâche la plus urgente pour les deux parties est de travailler ensemble à lever toutes sortes d'obstacles afin de parvenir à une transition en douceur dans les relations sino-américaines", a déclaré M. Wang. "Nous devons nous efforcer de relancer le dialogue, de retourner sur la bonne voie et de rebâtir la confiance", a-t-il ajouté, selon des propos diffusés sur le site de son ministère.

Entre affrontement commercial et technologique, les relations sino-américaines sont tombées sous Donald Trump au plus bas depuis l'établissement des liens diplomatiques entre les deux pays en 1979. A tel point que Wang Yi a évoqué au printemps dernier le spectre de "la Guerre froide" entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Washington a notamment accusé Pékin d'être responsable de la pandémie de nouveau coronavirus et de réprimer les libertés tant à Hong Kong que dans sa région du Xinjiang (nord-ouest), à majorité musulmane.

Mais le régime du président Xi Jinping peut aussi s'attendre à une fermeté accrue du président démocrate, qui prendra ses fonctions fin janvier, en matière de droits de l'Homme.

En ce qui concerne le commerce, M. Biden a d'ores et déjà averti qu'il entendait laisser en place les droits de douane punitifs mis en place à partir de 2018 par son prédécesseur sur les produits chinois.