Le marché pétrolier est dominé par la faiblesse de la demande et la perspective d'une offre abondante plus que par les craintes sur la sécurité, malgré l'attaque récente en Arabie saoudite, juge l'Agence internationale de l'énergie (AIE) vendredi.

Elle a légèrement revu à la baisse de 0,1 million de barils par jour (mbj) ses prévisions de croissance de la demande de brut pour 2019 et pour 2020, estimant cette croissance à 1 mbj et 1,2 mbj respectivement.

Pour cette année, la révision est essentiellement technique tandis que le changement pour l'an prochain est motivé par des prévisions d'une croissance économique plus faible.

"Les craintes sur la sécurité ont été devancées par la faiblesse de la croissance de la demande et la perspective d'une nouvelle vague de production pétrolière", estime l'agence dans son rapport mensuel sur le pétrole.

Cette publication intervient pourtant après de graves attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite à la mi-septembre, qui ont affecté temporairement environ 5,7 mbj de capacité de production.

Mais si les cours du brut ont flambé immédiatement, ils se sont très vite repliés, et sont même actuellement un peu inférieurs à leur niveau d'avant l'attaque, remarque l'AIE. Le baril de Brent évoluait sous les 60 dollars ces derniers jours même s'il est repassé au-dessus de ce seuil vendredi après des explosions à bord d'un tanker iranien au large des côtes saoudiennes.

"L'accent renouvelé sur les fondamentaux de l'offre et de la demande ne signifie pas que les attaques en Arabie saoudite peuvent être balayées comme étant de peu de conséquences", estime toutefois l'AIE.

Une nouvelle attaque pourrait se renouveler dans cette région stratégique et causer une perturbation de l'approvisionnement "encore plus important", met en garde l'agence, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique.

Elle souligne ainsi l'importance des stocks commerciaux et stratégiques pour amortir une éventuelle nouvelle crise. "Nous sommes peut-être revenus rapidement au statu quo mais la question de la sécurité de l'approvisionnement reste très pertinente", conclut-elle.