L'Italie joue son "destin", sa "crédibilité" et sa "réputation" avec le plan de relance financé par l'Union européenne qu'elle doit présenter à Bruxelles d'ici vendredi, a averti lundi le Premier ministre Mario Draghi. Avec ce plan est mis en jeu "aussi et surtout le destin du pays", a-t-il affirmé lors d'une allocution devant le Parlement, estimant que ce plan donnera "la mesure de ce que seront son rôle au sein de la communauté internationale, sa crédibilité et sa réputation en tant que fondateur de l'Union européenne et protagoniste du monde occidental".

Ce plan a trois objectifs principaux, dont le premier, à court terme, est de "réparer les dégâts économiques et sociaux" causés par l'épidémie de Covid-19, a poursuivi M. Draghi.

"La pandémie nous a frappés plus fort que nos voisins. Nous sommes arrivés à presque 120 000 morts du Covid-19 auxquels il faut rajouter de nombreuses personnes non prises en compte", a-t-il rappelé, dans les premiers mois de l'épidémie de nombreux décès n'ayant pas été comptabilisés car s'étant produits notamment à domicile.

L'Italie, le plus gros bénéficiaire de l'UE

Le Premier ministre a déploré le fait que les répercussions de la pandémie se soient fait sentir "surtout parmi les couches les plus faibles de la population".

"Encore une fois, les plus touchés ont été les femmes et les jeunes, et encore une fois surtout dans le Mezzogiorno", le sud défavorisé du pays, a relevé M. Draghi.

Les deux autres objectifs de ce plan, mais davantage "à moyen-long terme", sont une transition écologique d'une part et de l'autre le règlement des "faiblesses qui affligent notre économie et notre société depuis des décennies", comme les écarts de développement entre diverses régions ou la faible croissance de la productivité.

L'Italie est le principal bénéficiaire du plan de relance européen de 750 milliards d'euros, avec 191,5 milliards d'euros de prêts et subventions. A ce montant s'ajoute un fonds complémentaire de 30,6 milliards d'euros programmé par l'Italie sur six ans, de 2021 à 2026.

Le plan avait obtenu un premier feu vert samedi après un entretien entre Mario Draghi et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, selon un porte-parole gouvernemental.

Le choc de la pandémie sur l'économie italienne aura été rude l'an dernier, avec un plongeon du PIB de 8,9 %, sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.