Dès ce vendredi 2 avril, les habitants vivant dans un rayon de 1 000 kilomètres autour des réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2 peuvent exprimer leur opinion sur l’allongement de leur durée de vie. Dans ce rayon, on trouve donc des habitants provenant aussi bien de Belgique que de Suède, de Pologne, d’Irlande ou encore d’Andorre.

Cette consultation populaire intervient à la suite d’une décision rendue par la Cour constitutionnelle en mars 2020. La Cour avait alors indiqué que la modification de loi opérée en 2015, et prolongeant la durée de vie de Doel 1 et 2 de dix ans, ne l’avait pas été dans les règles. Une telle opération devait comprendre un rapport sur les répercussions pour l’environnement ainsi qu’une consultation populaire, ce qui n’avait pas été fait en 2015.

Toutefois, pour garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité, la prolongation de Doel 1 et 2 a été maintenue jusqu’à la fin 2022. A cette date, le gouvernement belge devra avoir publié une nouvelle loi pour régulariser la prolongation des réacteurs jusqu’en 2025.

"La plus grande consultation jamais organisée"

C’est donc dans ce cadre que l’avis des habitants vivant à moins de 1 000 kilomètres des deux réacteurs est donc requis, notamment sur la question des conséquences environnementales liées à cette prolongation. Pour les citoyens étrangers, la consultation courra du 2 avril au 2 juillet 2021. Pour les Belges, ce sera du 15 avril au 15 juin.

"C'est une bonne chose que les citoyens et organisations aient leur mot à dire pour une telle décision", a indiqué la ministre Tinne Van der Straeten. © Belga

La ministre fédérale de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen) n'a pas hésité a qualifié l'opération de "plus grande consultation populaire jamais organisée". "Un rayon de 1 000 kilomètres autour de Doel 1 et 2, cela signifie que les citoyens et entreprises jusqu'en Suède peuvent faire part de leurs objections via le site web du SPF Economie. Une consultation populaire dépassant les frontières est une obligation légale, comme l'a confirmé la Cour constitutionnelle. Mais c'est une bonne chose que les citoyens et organisations aient leur mot à dire pour une telle décision", a indiqué la ministre.