La Commission européenne a mis en avant mardi la "primauté" du droit européen sur le droit national, après la décision de la justice allemande exigeant de la BCE qu'elle justifie son programme anti-crise.

"Nous réaffirmons la primauté du droit communautaire et le fait que les arrêts de la cour de justice européenne sont contraignants pour toutes les juridictions nationales", a déclaré le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, interrogé sur la décision de la Cour constitutionnelle allemande, basée à Karlsruhe.

"Nous allons maintenant étudier la décision de la justice allemande en détail. Etant donné la complexité de l'arrêt, c'est notre seule réaction", a-t-il ajouté.

Dans un arrêt retentissant et très attendu, les juges de Karlsruhe ont exigé mardi de la BCE qu'elle justifie la conformité de ses rachats de dette publique à son mandat.

Cette décision fait planer une menace sur le vaste soutien à l'économie européenne engagé par la BCE, qui a encore gagné en ampleur en raison de la pandémie de coronavirus.

Or, par cet arrêt, les juges de Karlsruhe refusent de se plier à l'avis de la Cour de justice européenne, qui avait validé fin 2018 le programme de la BCE.