Un premier résultat clé de l’étude estime que la richesse offshore mondiale est évaluée à 7.800 milliards de dollars en 2016 (7 500 milliards d'euros), soit 10,4% du PIB mondial, un montant considérable. La moyenne annuelle pour la période 2001-2016 est de 5.800 milliards de dollars (4 700 milliards d'euros).

La lutte contre l'évasion fiscale relative

L'étude démontre que le début de l’effort de répression de la fraude de 2009 coïncide avec une diminution de la richesse offshore mondiale estimée. Cependant, cette baisse n'est que temporaire, la richesse offshore repartant à la hausse en 2012-2014 pour retrouver les valeurs d'avant la crise de 2008. En 2016, dernière année de l'étude, une diminution est de nouveau observée, ce qui est compatible avec un impact possible des dernières mesures de lutte contre l'évasion fiscale.

Au niveau de l'Union européenne, la richesse offshore détenue par les résidents de l'UE est estimée à 1.600 milliards de dollars (1 500 milliards euros) en 2016, pour une moyenne de 1.500 milliards de dollars (1.200 milliards euros) sur la période 2001-2016. Les recettes fiscales perdues correspondantes de l’UE sont estimées à 46 milliards d'euros en 2016 (0,32% du PIB).

© Office des publications de l'Union européenne

Les pays non membres de l'OCDE en cause

Un autre constat important est que l'augmentation de la richesse offshore mondiale au cours des dernières années de l'étude (2010-2016) est principalement due aux pays non-membres de l'OCDE, avec une contribution passant de 1 100 milliards de dollars en 2001 à 4 600 milliards de dollars en 2016.

Parmi les économies non-membres de l'OCDE, la montée de la Chine est particulièrement forte, avec des avoirs détenus offshore par des résidents chinois multipliés par 21 au cours de la période (de 90 milliards de dollars en 2001 à 1 900 milliards de dollars en 2016).

Pour la dernière année de la période d'étude (2016), la Chine détenait de loin le plus gros bloc de richesse offshore. Ce résultat doit toutefois être interprété avec prudence, car il pourrait être influencé par la montée en puissance de Hong Kong comme place financière majeure, et pas nécessairement par des activités d’évasion fiscale.