Voici les trois candidats à la présidence de l'eurogroupe.

Nadia Calviño (Espagne)

La ministre espagnole des Affaires économiques et de la Transformation numérique part avec les faveurs du pronostic. Née en Galice il y a 51 ans, Nadia Calviño n’est entrée en politique qu’en 2018, lorsque le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez en a fait la numéro trois de son gouvernement. Jusqu’alors, elle avait effectué sa carrière dans la haute fonction publique nationale, puis européenne. Membre des cabinets des commissaires Kroes puis Barnier, elle fut ensuite directrice générale de la DG Budget de la Commission en 2014.
Cette polyglotte (elle parle français, anglais et allemand en plus de l’espagnol) au profil de “techno” à la fibre sociale-libérale est réputée pour son fort tempérament. Elle devrait recueillir des voix (peut-être pas toutes) des pays du Sud, a le soutien de Berlin, mais ne plaît guère aux pays les plus attachés à la rigueur budgétaire – Autriche et Pays-Bas en tête.

Paschal Donohoe (Irlande)

Le Dublinois de 45 ans a été nommé ministre des Finances en 2017 par le Taoiseach Leo Varadkar. Le nouveau chef du gouvernement, Micheal Martin, l’a conservé à son poste. Etudiant brillant du Trinity College, Paschal Donohoe fut recruté par la multinationale Procter&Gamble pour laquelle il travailla six ans au Royaume-Uni, jusqu’à son retour en Irlande en 2003.
L’ancien ministre des Affaires européennes se présente comme le candidat du consensus entre les pays du Nord et du Sud. À ces derniers, il rappelle que l’Irlande sait ce que c’est d’avoir été un pays sous programme d’aide pendant la crise de la zone euro. Il a l’appui des conservateurs du Parti populaire européen. 

Pierre Gramegna (Luxembourg)

La candidature de Pierre Gramegna est un second essai. En décembre 2017, les grands argentiers de la zone euro lui avaient préféré le Portugais Mario Centeno.

Pierre Gramegna, 62 ans, est l’un des doyens de l’Eurogroupe, qu’il a rejoint en 2013 après avoir été nommé ministre des Finances du gouvernement dirigé par le libéral Xavier Bettel. Auparavant, le natif d’Esch-sur-Alzette a effectué une carrière de diplomate au long cours qui l’a notamment vu occuper le poste d’ambassadeur du Grand-Duché au Japon et en Corée du Sud. L’homme jouit du respect de ses collègues et le label “from Luxembourg” est toujours prisé sur la scène européenne.