Donald Trump a affiché son optimisme vendredi au second jour des négociations commerciales avec la Chine dans la capitale américaine, estimant que l'atmosphère entre les délégations était "plus chaleureuse", après des mois d'impasse.

"De bonnes choses sont en train de se produire dans les négociations commerciales avec la Chine", a tweeté le président républicain.

Il a ajouté que l'atmosphère ressemblait plus "aux bons vieux jours", faisant probablement allusion au printemps dernier quand les deux parties semblaient sur le point de conclure un accord avant que M. Trump ne torpille les discussions, affirmant que la Chine était revenue sur ses promesses.

"Tout le monde aimerait voir quelque chose d'important se produire", a encore écrit le président, quelques heures avant qu'il ne rencontre en personne le vice-Premier ministre Liu He, qui dirige la délégation chinoise.

Liu He et son homologue américain Robert Lighthizer, tout comme le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin sont ressortis en toute fin de matinée après environ trois heures de discussions pour la deuxième journée consécutive au siège des services de Robert Lighthizer, le Réprésentant américain au commerce qui orchestre les négociations côté américain.

La rencontre entre le président américain et le chef de la délégation chinoise est prévue dans l'après-midi (18H45 GMT) à la Maison Blanche.

Pour l'heure, elle est annoncée pour être à huis-clos. Mais M. Trump n'a pas hésité dans le passé à convoquer la presse pour faire lui-même état des progrès.

Le président américain l'a répété la semaine dernière, seules deux personnes comptent dans ce dossier, où les rumeurs abondent et les informations font défaut sur l'état des négociations: lui et le président chinois Xi Jinping.

Trêve ?

Politiquement, Donald Trump est sous pression comme jamais depuis qu'il est entré à la Maison Blanche: les démocrates ont lancé une procédure de destitution, qui semble soutenue par les électeurs, selon plusieurs sondages.

Et le feu vert du président donné à la Turquie pour lancer une opération anti-kurdes en Syrie lui vaut des critiques très virulentes jusque parmi ses proches soutiens.

Rien de concret n'a filtré pour l'heure des discussions de la veille, mais le tweet du président est encore venu conforter les observateurs et les marchés boursiers, qu'un accord, au moins partiel, pourrait être annoncé dès vendredi.

Jeudi, le responsable des affaires internationales de la Chambre de commerce américaine, Myron Brilliant, a alimenté les espoirs, se disant "convaincu" qu'il y aurait un accord sur les devises et une suspension de la hausse de tarifs douaniers prévue le 15 octobre par les Etats-Unis.

Le quotidien gouvernemental de langue anglaise China Daily va dans le même sens: "un accord partiel est un objectif plus réaliste, et un objectif qui est dans l'intérêt des deux parties", peut-on lire dans son édition de vendredi.

"Non seulement cela aurait le bénéfice concret de mettre fin à l'impasse (de la guerre commerciale) mais encore cela donnerait de la marge de manoeuvre aux deux côtés pour réfléchir à une vision plus large que de simplement savoir ce qui ferait plaisir à l'autre", poursuit le journal.

En revanche, l'influent sénateur démocrate Chuck Schumer a mis en garde sur Twitter contre toute concession au groupe de télécoms chinois Huawei, que les Etats-Unis soupçonnent de collaborer avec les service de renseignement de Pékin, ce qu'il dément.

"Un mini-accord avec la Chine ? Il ne doit pas inclure de concessions à Huawei. C'est ce que la Chine désire le plus, et cela montrerait une énorme faiblesse", a tweeté le sénateur.

Nouveau droits de douane mardi

Ces négociations se déroulent alors que des droits de douane doivent passer mardi de 25 à 30% sur 250 milliards de marchandises chinoises.

Pour le moment, Pékin a accepté quelques concessions, comme l'achat de produits agricoles américains, alimentant les spéculations d'un accord partiel.

Mais jusqu'à présent, Donald Trump avait insisté sur le fait qu'il voulait "un grand accord" et "un bon accord" sinon rien.

Les sujets de contentieux sont nombreux: Washington exige non seulement une plus grande ouverture du marché chinois mais encore la fin des pratiques commerciales jugées "déloyales", telles que le transfert de technologie forcé ou les subventions aux entreprises chinoises.

La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump depuis maintenant plus de 18 mois fait sentir ses effets sur l'ensemble de l'économie mondiale.

Le Fonds monétaire international estime que les tensions commerciales et leurs effets secondaires, comme le gel d'investissements ou encore les perturbations dans les très complexes chaînes d'approvisionnement internationales, va faire s'évaporer du PIB mondial 700 milliards de dollars, soit l'équivalent de l'économie Suisse, d'ici 2020.