Jeudi, le ministre des Finances a présenté de nouvelles mesures d'aide à l'emploi face au choc de la pandémie de coronavirus, notamment un complément de salaire pour les employés qui reviennent au travail à temps partiel.

Pour en bénéficier, les employés devront reprendre au moins à un tiers de leurs horaires normaux. Ils percevront au moins 77% d'un salaire plein, le gouvernement payant 22% et l'employeur 55%.

"Pour les entreprises qui choisissent de l'utiliser, cela apportera une protection substantielle du revenu des travailleurs", estiment vendredi les économistes du centre de réflexion Resolution Foundation.

"Mais si ces nouvelles aides vont aider à réduire la montée du chômage, elles seront loin de la stopper", ajoutent-t-ils.

"Demander aux employés de contribuer à hauteur de la moitié des coûts (...) ce n'est bien conçu si on veut les inciter à réduire les heures travaillées plutôt que les emplois eux-mêmes", fait valoir le centre de réflexion dans une étude vendredi.

Un avis partagé par la maison de recherche Capital Economics, et par Samuel Tombs, de Pantheon Macro, qui explique qu'avec le nouveau système, si l'on avait 10 employés avant la pandémie et que l'activité est tombée de 50% à cause du virus, cela reviendra moins cher de licencier 5 personnes que d'en garder 5 à mi-temps.

Le nouveau "Job Support Scheme" avait été présenté dans la presse britannique comme inspiré du "Kurzarbeit" allemand de complément de salaire pour les emplois à temps partiel forcé.

Mais les économistes soulignent qu'il diffère du mécanisme germanique car ce dernier n'exige pas que l'employeur paie les heures non utilisées.

Ce nouveau système qui durera six mois prendra à partir de novembre la suite du vaste mécanisme de chômage partiel qui subventionnait depuis fin mars jusqu'à 80% des salaires à hauteur de 2.500 livres par mois, et qui s'arrête fin octobre.

Très onéreux pour les finances publiques, il a contenu la montée du chômage au Royaume-Uni depuis la mise en place du confinement le 23 mars, en dépit d'une récession record et d'une contraction du Produit intérieur brut de 20% au deuxième trimestre.

Les analystes de Deutsche Bank relèvent qu'avec le nouveau système, beaucoup plus "léger" que l'original, le Chancelier signale "que l'état des finances publiques est important et qu'il n'y aura pas de chèque en blanc pour l'économie".