Ce "plan d'action" accroît les pouvoirs de la Bafin, organe de supervision des marchés financiers allemands, "pour frapper plus fort", contre la fraude, a affirmé le ministre allemand des Finances Olaf Scholz lors d'une conférence de presse.

La Bafin, qui dépend du ministère des Finances, pourra assurer l'ensemble du contrôle en cas de soupçons de fraude comptable contre une entreprise, écartant de fait les cabinets d'audit privés, accusés de négligence dans l'affaire Wirecard.

Les entreprises cotées devront changer de commissaires aux comptes tout les dix ans, contre tous les 20 ans actuellement, et les amendes pour manipulation de bilans comptables seront renforcées.

Les régulateurs sont sous le feu des critiques depuis que la société de paiement Wirecard a reconnu en juin un trou de quelque 1,9 milliard d'euros dans ses comptes, déclenchant un scandale financier sans précédent dans le pays.

Le superviseur bancaire Bafin est mis en cause pour son manque de vigilance, tandis que le cabinet d'audit EY, qui certifiait les comptes de la société, a été discrédité.

Ces défaillances vont être passées au crible d'une commission d'enquête parlementaire qui débutera ses travaux jeudi au Bundestag, chambre basse du Parlement allemand.

"Nous devons retrouver la confiance perdue envers la place financière allemande", a affirmé mercredi la ministre de la Justice, Christine Lambrecht.

Ces mesures doivent désormais être présentées en conseil des ministres, avant d'être votées par les députés.

L'affaire Wirecard est "un désastre complet" et une "honte" pour le pays, a déjà reconnu le patron de la Bafin, Felix Hufeld.

Le gouvernement allemand a de son côté déploré un "scandale sans équivalent dans le monde de la finance".