Sur le plan économique, la crise sanitaire est en train de mettre les indépendants à genoux. Et la dernière enquête du NSZ, la branche flamande du Syndicat Neutre pour Indépendants, n'amène pas de nouvelles rassurantes. 

Menée auprès de 954 indépendants des secteurs de l'horeca, du commerce et des métiers de contact, elle indique que 7 indépendants sur 10 ont du mal à s'acquitter du loyer de leur bâtiment commercial. Depuis le début de la crise en mars, 74 % d'entre eux ont eu des difficultés à payer leur loyer. "Sachant que le prix moyen d'un loyer s'élève à 2 200 euros, on comprend très facilement que les aides, tant fédérales que régionales, sont insuffisantes pour amortir ces charges qui continuent de tomber, même lorsque le commerce est fermé", souligne le NSZ.

Deux tiers des propriétaires refusent les reports

En Flandre et à Bruxelles, un système de prêts de bails commerciaux a rapidement été mis en place. Il s'agit d'un accord volontaire entre un propriétaire et son locataire : le premier accepte de donner quittance au second pour un ou deux mois de loyer. Les autorités flamandes prennent ensuite en charge jusqu'à maximum quatre mois de loyer (pour un montant plafonné à 60 000 euros) via un prêt effectué auprès du locataire. Le paiement est effectué directement auprès du propriétaire. Mais alors que 68 % des indépendants ont demandé un geste au propriétaire de leur bâtiment (exonération exceptionnelle, réduction temporaire du loyer, etc.), seul 1 sur 3 a accepté la requête. "Beaucoup de propriétaires expliquent également avoir des problèmes de liquidité et des factures à payer, ce qui est tout à fait compréhensible", ajoute le syndicat.

"Les conditions de cet accord volontaire sont doublement problématiques. D'une part, le locataire doit compter sur le bon vouloir du propriétaire et s'engager dans un nouveau prêt. D'autre part, le propriétaire doit renoncer à un ou deux mois de loyer. L'idéal serait que la Région se charge de payer le loyer sur cette période. Nous demandons depuis longtemps déjà que les pouvoirs publics interviennent directement pour ces coûts fixes."