La semaine dernière, la maison d'enchères Christie's avait annoncé la vente de l'oeuvre d'art, "Everydays: the First 5.000 Days", un collage de 5 000 images numériques, signée par l'artiste américain Beeple, de son vrai nom Mike Winkelmann, à un collectionneur répondant au pseudonyme de Metakovan, contre la somme de 69,3 millions de dollars.

Jeudi, dans un billet de blog, Vignesh Sundaresan, alias Metakovan, entrepreneur technologique indien basé à Singapour, a révélé avoir acquis l'oeuvre d'art pour "montrer aux Indiens et aux personnes de couleur qu'ils pouvaient être également des mécènes". 

Il a attribué son ascension sociale, de simple étudiant en ingénierie jusqu'à devenir un millionnaire en série, à sa découverte des crypto-monnaies en 2013.

Le montant de la vente a fait l'effet d'une bombe sur le marché de l'art, où l'art numérique n'était encore qu'une niche il y a six mois. Le peintre britannique David Hockney et le plasticien américain Jeff Koons sont les seuls artistes de l'histoire de l'art à avoir vendu de leur vivant des oeuvres à un prix supérieur.

Il s'agit de la première oeuvre d'art purement numérique jamais vendue par une grande maison d'enchères. La mise initiale était de 100 dollars mais son prix a fini par s'envoler.

L'oeuvre a été conçue à partir de "NFT" (non-fungible tokens), ou jetons non-fongibles, recourant à la technologie dite "blockchain", utilisée également par les cryptomonnaies comme le bitcoin.

L'authenticité et la traçabilité d'objets virtuels tels que "Everydays" sont réputées inviolables.

"Quand on parle de NFT de grande valeur, celui-ci va être très difficile à battre", avait déclaré Metakovan, cité dans le communiqué de Christie's après qu'il a emporté "Everydays", c'est "le joyau de la couronne, l'oeuvre la plus précieuse de cette génération".