Un risque de correction sur les marchés n'est pas exclu, a mis en garde mercredi le Fonds monétaire international, notant le "décalage persistant entre les marchés financiers et l'économie". "Avec des investisseurs qui misent sur le soutien durable des pouvoirs publics et des marchés qui semblent de plus en plus complaisants devant la hausse continue des valorisations des actifs, les dirigeants doivent être préparés aux risques d'une correction des marchés", souligne l'institution dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale (GFSR).

Le Fonds a révisé en hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2021, à 5,5 %, à la faveur de l'accélération de la vaccination contre le Covid-19 et des aides gouvernementales massives. Mais il relève aussi la grande incertitude entourant ces perspectives.

Pourtant, "les investisseurs semblent garder confiance dans les perspectives de croissance pour 2021, misant sur le soutien continu des pouvoirs publics qui compensera d'éventuelles déceptions à court terme", explique le Fonds.

Les pays émergents, poumon de la croissance mondiale

Dans un billet de blog accompagnant la publication de ce rapport, Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fario Natalucci, responsable du GFSR, constatent que les risques pour la stabilité financière ont été maîtrisés "jusqu'à présent". Mais cela ne doit pas être considéré comme acquis, notent-ils, d'autant que la pandémie a mis en exergue des "vulnérabilités" telles que "l'augmentation de la dette des entreprises, les fragilités dans le secteur des institutions financières non bancaires, l'augmentation de la dette souveraine, la baisse de la rentabilité de certaines banques".

Les auteurs du GFSR notent en particulier qu'un retard dans l'accès aux vaccins et thérapies se traduirait par une reprise mondiale incomplète et "mettrait en péril le système financier mondial".

Pour le démontrer, ils rappellent que les pays émergents, au cours de la période 2017-2019, ont représenté environ 65 % de la croissance mondiale et environ 40 % en excluant la Chine.

"Le moindre retard dans la lutte contre la pandémie dans ces pays peut être de mauvais augure pour l'économie mondiale", insiste le rapport. Et de donner l'exemple d'une interruption des chaînes d'approvisionnement qui pourrait nuire à la rentabilité des entreprises, "même dans les régions où la pandémie est maîtrisée".

"Et parce que la croissance est un ingrédient indispensable à la stabilité financière, une reprise inégale et partielle risque de mettre en péril la santé du système financier", concluent-ils.