Les Etats-Unis ont, depuis un siècle, déployé à plusieurs reprises leur force de frappe financière pour tenter d'extirper leur économie de la crise.

Le New Deal 

Le président Franklin Roosevelt lance le New Deal dès son arrivée à la Maison Blanche en 1933, pour relever le pays englué dans la Grande Dépression qui avait suivi le krach boursier de 1929. Un Américain sur quatre est alors au chômage.

Ce programme de prêts et de dépenses, à une échelle jamais vue auparavant, a financé des créations d'emplois massives, notamment dans les travaux publics, les arts et la conservation.

Le New Deal est à l'origine du système de retraite aux Etats-Unis et a permis de créer le gendarme boursier américain, la SEC (Securities and Exchange Commission).

Malgré les milliards de dollars injectés, le marasme économique ne prendra toutefois fin qu'avec la mobilisation massive des industries du pays pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les réductions d'impôts de Ford et Reagan 

Gerald Ford s'est tourné vers les crédits d'impôt pendant la récession de 1974-75 suite au choc pétrolier, permettant une reprise économique tirée par la consommation.

Ronald Reagan, qui s'installe à la Maison Blanche en 1981, réduit lui aussi les impôts, pour stimuler l'investissement et la consommation, ce qui n'empêche toutefois pas le pays d'entrer en récession quelques mois plus tard.

En effet, cette relance avait bénéficié notamment aux Américains les plus aisés, sans avoir été associée à d'autres mesures comme l'augmentation des allocations chômage, selon l'Economic Policy Institute (EPI), un think tank progressiste. Le chômage s'était aggravé, jusqu'au retour de la croissance en 1983.

Nouvelles réductions d'impôts avec Bush 

George W. Bush avait à peine eu le temps de s'installer à la Maison Blanche en 2001, que la récession était de retour aux Etats-Unis.

Il a, à son tour, réduit les impôts de tous les Américains dès son arrivée - puis en 2003. Des chèques directs avaient également été envoyés aux ménages.

Les réductions d'impôts devaient expirer en 2010, mais une large partie est devenue permanente, selon le Center on Budget and Policy Priorities.

Bush et Obama pendant la Grande Récession 

La crise financière mondiale a frappé les Etats-Unis dans les derniers mois de la présidence de George Bush, qui a signé un plan d'aides de 152 milliards de dollars, dont les deux tiers en chèques directs envoyés aux ménages.

Barack Obama, qui lui a succédé en 2009, a fait adopter 831 milliards de dollars de mesures, dont de nouvelles réductions d'impôts, des investissements dans les infrastructures, des allocations chômage plus généreuses, et de nouveaux chèques aux ménages, plus ciblés.

Certains secteurs de l'économie ont cependant mis des années à se relever.

La crise du Covid-19 

Le Congrès a adopté en mars 2020 le plan de relance le plus vaste de l'histoire américaine, signé par Donald Trump. Le Cares Act et ses 2.200 milliards de dollars prévoyaient, entre autres, des chèques aux ménages, des allocations chômage plus généreuses versées plus longtemps et à plus de monde, ainsi que des prêts aux petites entreprises.

Fin avril, le Congrès a adopté une rallonge de 483 milliards de dollars et, la crise se prolongeant, un nouveau plan de 900 milliards de dollars avait été voté fin décembre 2020.

Lorsqu'il sera adopté par la Chambre des représentants, le président Joe Biden devrait signer cette semaine un autre plan de relance massif de 1.900 milliards de dollars.