Quel sera l'impact de la crise du coronavirus sur l'économie belge? C'est évidemment une question à laquelle il est impossible de répondre de répondre avec précision aujourd'hui. Tout dépendra de la durée de la crise sanitaire, de longueur des mesures de confinement et de l'ampleur des dispositifs de soutien qui permettront d'amortir tant que possible le choc économique à venir.

Dans toutes les banques, on a en tout cas sorti les modèles économiques et les calculettes pour tenter d'y voir plus clair. C'est le cas de la banque Belfius qui vient de sortir un communiqué sur le sujet. "Avec une forte augmentation du nombre de contaminations par le coronavirus, notre pays semble être sur la bonne voie pour suivre l’exemple effrayant de l’Italie, de la France et de l’Espagne. Les mesures draconiennes visant à limiter au maximum les contacts physiques parmi la population sont dès lors nécessaires à la santé publique. Mais pour l’économie belge, les pertes augmentent dès lors considérablement. La fermeture des cafés et des restaurants, la suspension de toutes les activités culturelles et sportives, la fermeture obligatoire le samedi pour les magasins non alimentaires, la contre-indication des voyages à l’étranger, … il est clair que certains secteurs de notre économie se retrouveront sur la paille dans les prochaines semaines", explique d'emblée la banque publique. Et d'ajouter: "Si nous considérons que la création de valeur ajoutée dans le secteur aérien, les agences de voyages, l’horeca, les loisirs, le secteur culturel et récréatif se trouve à l’arrêt pendant un mois complet, le préjudice atteindra environ un milliard d’euros ou environ 0,2% du PIB. Il faut encore y ajouter les effets collatéraux de la baisse de l’activité chez les sous-traitants et le chômage technique, qui affecteront la confiance des consommateurs. Actuellement, de plus en plus d’entreprises belges ferment de leur plein gré afin de ne pas porter préjudice à la sécurité de leur personnel et des clients."

Mais si le secteur des services, du tourisme ou de la culture seront fortement impactés, ce sera également le cas de l'industrie, en raison des fortes perturbations des chaînes de production. "Via ce canal, nous voyons un impact énorme sur l’industrie avec, en corollaire un chômage technique et des faillites possibles", constate Belfius.

Au global, la banque s’attend à un recul de l’économie belge "au cours des deux premiers trimestres". "Nous prévoyons donc une récession technique qui, contrairement aux autres récessions qu’a connues la Belgique, sera de très courte durée et connaîtra une reprise rapide. Dans notre scénario de base, le virus sera sous contrôle pour l’été, de sorte que les choses se normaliseront au second semestre", prédit Belfius. Qui au final s'attend à une croissance légèrement positive de 0,2% pour toute l’année, "avec des risques de baisse si l’épidémie devait durer plus longtemps ou si la Belgique devait appliquer un lockdown complet".