L'Allemagne doit multiplier par 10 la cadence d'installation de bornes de chargement pour véhicules électriques si elle veut tenir ses objectifs, a plaidé mardi la principale lobbyiste du secteur dans ce pays en pointe sur ce segment. Afin de mettre en place un million de points de charge publics d'ici 2030, comme le prévoit le gouvernement allemand, "environ 2.000 nouveaux" appareils "devraient désormais être installés chaque semaine" alors que "nous en sommes actuellement à 200", a déclaré Hildegard Müller, présidente de l'Association de l'industrie automobile (VDA), lors d'une rencontre avec la presse économique à Francfort.

Dopé par des primes à l'achat pour stimuler la demande au milieu de la pandémie du Covid-19, le marché de la voiture électrique avance ces derniers temps au rythme de plus de 10.000 nouvelles autos électriques immatriculées par semaine en A1lemagne. Ce rythme est 50 fois supérieur au nombre de nouvelles bornes installées.

Conséquence: "en mai cette année, 10 voitures se partageaient une borne publique, contre 13 actuellement et 20 à prévoir d'ici Pâques 2021", explique l'ancienne ministre d'Etat auprès de la Chancellerie fédérale.

C'est pourquoi les "politiciens, l'industrie de l'énergie et du logement et l'industrie automobile doivent unir leurs forces ici et promouvoir activement le développement de l'infrastructure de recharge", a plaidé Mme Müller.

La Commission européenne poursuit elle l'objectif d'un million de points de recharge d'ici 2025, tandis qu'il y a à peine 200.000 points installés à ce jour en Europe, répartis surtout dans quatre pays (Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne et France), selon un rapport fin octobre de l'association ACEA.

Il faudrait donc "4.000 nouveaux points par semaine" pour parvenir à l'objectif européen d'ici cinq ans et "je ne les vois pas", a ajouté Mme Müller. Elle estime de surcroît que le nombre d'un million de bornes de recharge "est bien trop faible pour l'ensemble de l'Europe". La Commission européenne devrait "élaborer des plans d'action conjoints avec les États membres", a-t-elle conclu