Washington, qui considère comme une priorité stratégique de contrer la montée de l'influence de Pékin dans la région, a également décidé de vendre à Taïwan des lance-roquettes tactiques pour 436 millions de dollars et des équipements d'imagerie destinés à la reconnaissance aérienne pour 367 millions, ce qui porte le montant total des transactions approuvées à plus de 1,8 milliard de dollars.

La vente de 135 de ces missiles "sert les intérêts économiques et de sécurité nationale des Etats-Unis en aidant (Taïwan) à moderniser ses forces armées et à conserver une capacité de défense crédible", a indiqué le département d'Etat en annonçant cette décision.

Le ministère de la défense taïwanais a de son côté déclaré que ces armes aideraient Taïwan "à construire des capacités crédibles de combat".

Le missile air-sol Standoff Land Attack Missile Expanded Response (Slam-ER) a une portée maximum de 270 km, supérieure à la largeur du détroit de Taïwan qui sépare l'île de la Chine.

Or, Pékin considère Taïwan comme une partie de son territoire et menace régulièrement de recourir à la force en cas de proclamation formelle d'indépendance à Taipei ou d'intervention extérieure -- notamment américaine. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O'Brien, a conseillé la semaine dernière à Taïwan de se "fortifier" pour se protéger d'une invasion par la Chine, tout en jugeant cette éventualité peu probable avant "10 ou 15 ans".

La Chine a accentué ses pressions militaire et diplomatique sur Taïwan depuis l'élection en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui rejette la vision de Pékin selon laquelle l'île fait partie d'une "seule Chine".

Ces derniers mois, Taïwan a fait état d'une forte augmentation du nombre d'incursions d'avions de l'armée de l'air chinoise dans sa zone d'identification de défense aérienne (ADIZ).

La semaine dernière, Pékin a diffusé les images d'un exercice militaire simulant l'invasion d'un territoire semblable à Taïwan avec notamment des frappes de missiles.