L'activité du secteur privé dans la zone euro a chuté en mars par rapport à février, à un rythme "sans précédent", conséquence de la pandémie du nouveau coronavirus, selon la première estimation de l'indice PMI composite du cabinet Markit publiée mardi.

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pourrait se contracter de 2% au premier trimestre 2020. L'indice mensuel s'affiche à 31,4 points, contre 51,6 points en février, son "plus faible niveau historique" depuis juillet 1998, date de la première étude de Markit. Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle diminue s'il est inférieur à ce seuil.

L'activité globale de la zone euro s'est effondrée en mars, la contraction signalée par les derniers résultats de l'enquête surpassant de loin celle observée au plus fort de la crise financière mondiale.

La conjoncture économique s'est très fortement dégradée en France, en Allemagne et dans le reste de la région, en raison des mesures draconiennes adoptées par les différents gouvernements afin d'enrayer la propagation du coronavirus.

"L'indice PMI flash de mars préfigure une baisse du PIB d'environ 2% au premier trimestre, et cette forte contraction de l'économie risque de s'accentuer dans les mois à venir, lors de la mise en œuvre probable de mesures de plus en plus drastiques, destinées à lutter contre la crise sanitaire actuelle", commente l'économiste en chef de l'institut IHS Markit, Chris Williamson.

"L'assombrissement des perspectives d'activité s'est répercuté sur le marché de l'emploi, les entreprises de la zone euro ayant en effet signalé la plus forte réduction de leurs effectifs depuis juillet 2009. Malgré les efforts des gouvernements afin d'endiguer la crise sanitaire et de soutenir l'économie, les prévisions de croissance se sont effondrées, les données flash de mars signalant le plus fort degré de pessimisme des entreprises depuis le début de l'enquête", constate-t-il encore.