Le domicile d'un élu Ecolo perquisitionné suite au piratage de l'écran Coca-Cola place De Brouckère

L'action avait déjà été revendiquée par le collectif "Ecran de fumée", qui vise à dénoncer les négociations sur les traités de libre-échange et la place de la publicité dans l'espace public.

B.E.
Le domicile d'un élu Ecolo perquisitionné suite au piratage de l'écran Coca-Cola place De Brouckère
©Photo News

Ce mardi 2 août, une perquisition a été effectuée au domicile du conseiller communal boisfortois Hugo Périlleux-Sanchez. 


"La police a débarqué aux aurores, me signifiant que j'étais soupçonné d'avoir participé au piratage de l'écran publicitaire Coca-Cola surplombant la place de Brouckère", explique le jeune membre du parti Ecolo. Une fois son matériel informatique - son ordinateur, son smartphone, son appareil photo… - saisi, il a été embarqué menottes aux poignets, avant de passer de longues heures dans les locaux de l'entité de la police fédérale chargée de la lutte contre la cybercriminalité. Au cours de son interrogatoire, il a affirmé n'avoir "rien à déclarer".

L'action avait déjà été revendiquée par le collectif "Ecran de fumée", qui vise à dénoncer les négociations sur les traités de libre-échange et la place de la publicité dans l'espace public. Le soir de la finale de coupe d'Europe, le 10 juillet dernier, les activistes s'étaient rendus sur le toit du bâtiment de la Régie Foncière de la Ville de Bruxelles. Ils sont rentrés dans l'ordinateur qui se trouvait à côté de l'écran et ils ont remplacé le logo Coca-Cola avec le message suivant : "No more negotiations. No more free trade deals. It’s time for action." (Plus de négociations. Plus d'accords de libre-échange. Il est temps de passer à l'action.)


Une quinzaine de minutes plus tard, l’écran Coca-Cola, ainsi que le nouvel écran Clear Channel, sur le centre Monnaie, ont été tous deux éteints, les gestionnaires ayant été contraints de couper le courant. "Nous assumons cette action qui était légitime, pertinente et nécessaire face à ce géant Coca-Cola qui pousse pour le TTIP", déclare Panneauramix, porte-parole du collectif (qui préfère bien sûr rester anonyme).

C'est que, selon lui, notre démocratie est menacée par des rapports de force déséquilibrés, les entreprises et les industries finissant toujours par emporter la mise. Et par l'action directe, voire la désobéissance civile, il entend rétablir une certaine forme d'Etat de droit. Dans l'histoire de l'humanité, ce genre d'action a d'ailleurs toujours été efficace, ajoute-t-il.

Coca-Cola est impliqué dans le soutien des négociations sur le TTIP par le biais de son lobby Food and Drink, géant qui regroupe les plus grandes multinationales de l'agroalimentaire. "Coca-Cola tente de nous passer les menottes mais nous ne nous laisserons pas faire!", achève Panneauramix.