Les raisons qui expliquent la hausse des NEETs, ces jeunes sans emploi, ni aux études ni en formation, en période de crise

Leur nombre augmente lors des crises économiques. Pour aider cette frange fragile de la population, l’UE redéfinit sa nouvelle Garantie pour la jeunesse. Une chronique signée Valentine Fays, doctorante à l’Université de Mons et l’Université Libre de Bruxelles.

Les raisons qui expliquent la hausse des NEETs, ces jeunes sans emploi, ni aux études ni en formation, en période de crise
©Shutterstock
Valentine Fays

Le terme NEET, de l’anglais Not in Employment, in Education or in Training, est utilisé pour identifier les jeunes âgés de 15 à 29 ans ni en emploi, ni aux études, ni en formation. D’après les chiffres recensés par Eurostat, cette population varie de manière contracyclique, c’est-à-dire de manière contraire à la conjoncture économique. En effet, le taux de NEETs en Belgique, qui s’élevait à 12 % avant les crises financières et budgétaires de 2008-2012, a atteint un pic à 15 % en 2013, pour ensuite diminuer à partir de 2014 et revenir à son niveau d’avant crise en 2018.

Ces chiffres font ressortir un taux de NEETs déjà élevé en temps de bonne conjoncture. Les raisons qui l’expliquent sont aussi hétérogènes que les jeunes composant cette population. Tout d’abord, on observe un niveau d’éducation plus faible chez les NEETs, ce qui provoque un décalage entre le niveau de compétences requis par les employeurs afin de remplir les fonctions liées à un emploi et le niveau de compétences acquis par les NEETs. Dans le même ordre d’idée, on retrouve un niveau d’éducation lui aussi plus faible ou encore de l’inactivité, cette fois chez les parents des NEETs. Ensuite, des raisons familiales telles que la garde d’enfants ou de parents malades, mais aussi la méconnaissance du marché du travail en cas de mouvements migratoires de la part des NEETs peuvent expliquer ces taux élevés. Finalement, une des dernières grandes raisons derrière ce phénomène est la santé du jeune, le fait d’être un NEET étant positivement relié à une situation de handicap ou à une maladie.

Accentuation lors des crises

Ce taux de NEETs est accentué lors de récessions économiques, telles que celles que nous avons vécues en 2008 ou que nous vivons actuellement. En effet, outre le délestage par les entreprises des travailleurs à temps partiel ou à contrat à durée déterminée, les crises économiques favorisent également celui des jeunes collaborateurs, selon la logique du "dernier arrivé, premier parti". Bien que les chiffres concernant le taux actuel de NEETs ne soient pas encore disponibles, nous pouvons déjà nous attendre à une hausse de celui-ci au vu du recensement à la hausse du nombre de jeunes inscrits auprès des Services publics d’Emploi et de Formation.

En plus d’engendrer des effets néfastes à court terme tels que l’augmentation du risque de pauvreté, être un NEET pèse également sur l’avenir économique des jeunes. En effet, les périodes de chômage ont des répercussions négatives sur l’emploi et le salaire futur d’une personne. Il est donc plus probable qu’un NEET fasse face à du chômage dans sa carrière professionnelle, ceci pouvant ensuite entraîner son désengagement du marché du travail. Un tel désengagement aura des conséquences sur sa santé financière mais également physique. Ces problèmes individuels, s’ils devenaient nombreux, pourraient se transformer ensuite en des problèmes sociétaux tels qu’une plus grande pression sur les dépenses gouvernementales ou une disparition de la cohésion sociale menant à des problèmes de criminalité. En bref, le phénomène NEETs n’est pas un problème à prendre à la légère.

Soutiens européen et régional

Afin de diminuer le taux de NEETs et d’aider une frange fragile de la population à s’épanouir sur le marché du travail, l’Union européenne est en train de redéfinir sa nouvelle Garantie pour la Jeunesse, déjà mise en place en 2013. Plus récemment, la Région wallonne a également organisé des opérations "Coups de Boost" pour aider les jeunes wallons à sortir de cette situation. Ayant fait leurs preuves par le passé, ces mécanismes se doivent innovants face à ce défi inédit qu’est la crise du Covid-19. Offrir à ces jeunes une formation ou un emploi de qualité, dans le but de prévenir leur exclusion économique mais également sociale, c’est in fine leur redonner foi en l’avenir.