Entrepreneurs en transition #2 : Ne pas louper l’“ikigaï”

Pour avoir un projet motivant, avec de bonnes chances de fonctionner, il faut prendre en compte des critères bien résumés par le concept japonais d’ikigaï. Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l’Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Entrepreneurs en transition #2 : Ne pas louper l’“ikigaï”
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Contribution externe

Libre Eco week-end |

On sait l'importance du why, du pourquoi, dans les motivations à la base d'un projet entrepreneurial prometteur, en particulier s'il a l'ambition de changer le monde en mieux, à petite ou grande échelle. C'est un peu le nord de la boussole de l'entrepreneur, à laquelle il devra se référer quand il risque de s'égarer.

Avoir un why inspirant est une condition nécessaire pour avoir un projet motivant, mais cela ne garantit pas que le projet va marcher. D'autres critères doivent entrer en ligne de compte, bien résumés par le concept japonais d'ikigaï, qui se situe à l'intersection de 4 cercles : ce dont le monde a besoin, ce que l'on aime faire, ce à quoi on est bon et ce pour quoi on peut être payé.

Sauver le monde

Certains en viennent à être tellement investis d’une passion à sauver le monde (les deux premiers cercles), qu’ils en oublient la suite, à savoir d’y être bon, et de pouvoir y dégager des moyens économiques de subsistance.

Pour ce qui est d'être proficient, il est nettement plus facile de créer une activité dans un secteur où l'on est formé, que l'on connaît bien (et où on pourra convaincre plus facilement). On ne doit pas nécessairement être un expert dès le départ ; le marché compte de nombreux exemples d'entrepreneurs qui ont lancé une activité à succès sans rien y connaître au départ… Richard Branson n'avait-il d'ailleurs pas appelé sa firme de disque Virgin pour signifier à quel point il était vierge dans ce domaine ?

Mais tous ces exemples à succès avaient une profonde envie d'apprendre et de s'ajuster. Le concept de learning organisation, d'organisation apprenante, était très à la mode dans les années 1990, à la suite des travaux de Peter Sange, professeur au célèbre MIT. Une entreprise en démarrage est sans doute l'exemple le plus radical d'organisation qui doit apprendre (de son marché, de ses clients et partenaires) à toute vitesse…

Enfin, il reste la vaste question du modèle économique. On aura bien des occasions d’y revenir.