Entrepreneurs en transition #6 : Cœur business ?

Dans un monde qui semble avoir perdu le nord, le besoin de sens des jeunes est tellement important qu’il passe au-devant de beaucoup d’autres considérations. Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l’Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Contribution externe
Roald Sieberath.
Roald Sieberath. ©D.R.

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Lorsque l’on parle aux jeunes, il semble que rien ne pourrait arrêter le mouvement vers "un autre monde possible". Dans un monde qui semble avoir perdu le nord, leur besoin de sens et d’arrêter la course effrénée est tellement important qu’il passe au-devant de beaucoup d’autres considérations.

On voit ainsi de ces jeunes lancer des projets plus durables : des vêtements produits localement, au départ de chutes de rouleaux de tissus, des vélos d’occasions vendus avec une garantie de réparation, etc.

Les grands acteurs économiques, de la distribution en particulier, ont bien entendu repéré ces évolutions de la société… Ils y voient une évolution des "aspirations des consommateurs" et s’efforcent, bien entendu, de répondre à cette "demande de marché". Parfois c’est du côté du produit : on voit, chez Nike ou Adidas, des efforts pour produire un modèle le plus écoresponsable possible.

Apple met en avant à chaque keynote ses importants efforts pour l'environnement. Les grandes surfaces ont des rayons entiers dédiés au fameux "circuit court", pour intégrer les producteurs locaux… Et reprendre des parts de marchés aux pionniers des épiceries bio.

Effets d'annonce

Au-delà de l’effet d’annonce (qui plaît dans l’ensemble), on peut s’interroger. D’un côté, ces mouvements sont bienvenus : ces gros acteurs commandent des volumes importants, et il y a ainsi une opportunité à accélérer le changement. Attention à ne pas être dupes des effets d’annonce.

Quid du reste de la gamme et des pratiques de ces vendeurs de chaussures ? Quid la rentabilité ?

Dans la distribution, on a vu des enseignes se plier à la mode du "vrac"… En le faisant de manière particulièrement maladroite : la chaîne logistique utilise beaucoup de plastique, qui est juste vidé temporairement pour donner une "impression de vrac".

Espérons que ces grands acteurs réalisent au plus vite que la transition ne s’accommode guère de tels dévoiements : l’authenticité doit être au cœur du business.