Entrepreneurs en transition #11 : Milliardaires à la COP26

Engagements trop faibles, ou surtout trop lointains, à la COP26. Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l’Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Entrepreneurs en transition #11 : Milliardaires à la COP26
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La COP26 de Glasgow semble n’avoir guère apporté le changement tectonique que certains espéraient. Engagements trop faibles, ou surtout trop lointains : les gouvernements s’engagent pour 2030, 2040 ou plus tard.

Au milieu de ce qui devient peu à peu un cirque médiatique, des acteurs particulièrement remarqués : des milliardaires comme Jeff Bezos, d’Amazon, ou Bill Gates, qui viennent annoncer des dons considérables en soutien à des causes climatiques.

Bezos offre 2 milliards, et est accueilli sur scène comme un héros. Mais le grand public, les réseaux sociaux vont surtout railler cela, et souligner qu’il est venu en jet privé, ou a récemment voyagé dans l’espace dans une fusée polluante. Ou lui suggèrent de plutôt payer des taxes correctes.

Il est bien compréhensible de critiquer cela. Sans me faire le défenseur des milliardaires, je voudrais toutefois proposer quelques éléments de perspective.

Milliardaires pollueurs

À côté de cette poignée, qui se met sous les feux de la rampe, ne faudrait-il pas aussi aller regarder du côté des milliardaires bien plus pollueurs (qui se garderont bien de s’afficher à la COP26) ? On peut penser à Koch Industries (des frères Koch), groupe basé sur des industries polluantes, ou aux pétroliers, miniers, forestiers, qui saccagent la planète… et n’offrent rien en compensation.

On dirait que c’est l’effet loupe qui nous fait focaliser sur Bezos & Co comme des coupables. Enfin, ces capitaines d’industrie ont un talent entrepreneurial, qui fait qu’ils choisissent leurs causes avec le même flair qu’ils mettent dans d’autres investissements.

Par exemple, Bezos veut soutenir avec ses 2 milliards un projet de constitution d’une barrière forestière de 20 millions d’arbres, sur 8 000 km au travers de l’Afrique, pour lutter contre la désertification.

La sauvegarde de la planète aura besoin de gens dotés de vision, de ressources, d’une capacité de réaction que les gouvernements n’ont généralement pas. À ce titre, il me semble vital d’entretenir un dialogue serré avec des acteurs tels que ceux-là. Dans la fable des colibris, on peut applaudir ces derniers, mais également encourager les éléphants à éteindre l’incendie.

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