Ce que la crise sanitaire m'a appris sur le réchauffement climatique

Mon inquiétude découle des leçons que nous avons tirées de la pandémie. Ou plutôt de celles oubliées dès que les mesures de confinement ont été levées. Une chronique d'Arnaud Bacros, General Manager de Dell Technologies BeLux.

Contribution externe
À l'ère de la pandémie, la technologie a permis aux citoyens de rester connectés.
À l'ère de la pandémie, la technologie a permis aux citoyens de rester connectés. ©D.R.

Le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié fin octobre, est un dur rappel à la réalité. Les derniers objectifs climatiques pour 2030 confirment que la température mondiale va augmenter d’au moins 2,7°C au cours du siècle, alors même que nous devrions rester sous la barre de 1,5°C. L’accord conclu à l’issue de la Cop26 à Glasgow en novembre n’a pas permis de réduire cet écart. Bien que plus de 3 000 entreprises aient signé l’engagement commercial “Objectif zéro”, je crains que ce ne soit pas suffisant…

Les leçons de la pandémie

Mon inquiétude découle des leçons que nous avons tirées de la pandémie. Ou plutôt des leçons que nous avons oubliées dès que les mesures de confinement ont été levées. Et que nous devrons réapprendre lors d’une nouvelle vague. La pandémie a présenté au monde des défis sans précédent. Les esprits les plus brillants et les technologies les plus avancées se sont alliés pour garantir que non seulement nous vivions pleinement nos vies au milieu de diverses formes de confinement, mais que nous en sortions plus forts en tant que société à l’échelle mondiale lorsque le pire de la pandémie sera enfin derrière nous.

À titre personnel, j’apprécie la nouvelle façon de travailler. Je me suis vraiment mis au télétravail pendant la pandémie  : j’ai eu plus de temps pour ma famille, avec moins de voitures dans les rues, moins de bureaux dont les lumières et le chauffage restent allumés la nuit, des bureaux sans papier qui deviennent enfin réalité… Et pourtant, il semble que nous ayons besoin de taux élevés d’infection et d’admissions à l’hôpital pour continuer à bénéficier de cette nouvelle normalité que nous avons découverte. Dès que les mesures restrictives ont été assouplies, les embouteillages sont revenus, pour se résorber ensuite avec les dernières directives sur le télétravail.

Nous avons connu et connaissons encore des moments difficiles, mais nous devrons faire preuve d’encore plus de résilience et de souplesse pour enrayer le changement climatique. Allons-nous oublier le sentiment d’urgence sitôt la prochaine catastrophe naturelle passée ? Nous souvenons-nous encore des inondations de l’été dernier et de leurs causes ?

Je ne suis pas pessimiste, je crois fermement en la capacité des gens à innover et à nous garder concentrés sur les défis que nous devons relever. Un excellent exemple est l’outil My Climate Future, que des experts belges du climat ont mis au point pour mesurer l’empreinte que le réchauffement climatique aura sur nos propres vies. J’ai fait le test moi-même  : dans un monde à +2,4°C, je subirai, par exemple, 8,8 vagues de chaleur et 2,8 sécheresses de plus que sans changement climatique. Alors, que pouvons-nous faire pour enrayer le changement climatique ?

La technologie, un rôle de catalyseur, mais…

À l’ère de la pandémie, la technologie a montré son potentiel et son importance pour le progrès sociétal, en permettant aux citoyens de rester connectés, en stimulant la recherche sur les vaccins, en améliorant les soins de santé et en soutenant l’éducation pendant les pics pandémiques. Mais tandis que nous entrons dans un nouveau chapitre (coïncidant avec la révolution technologique qui promet une explosion du big data avec les vitesses 5G), la technologie numérique a un rôle encore plus important à jouer.

Demain, la technologie nous aidera à réinventer notre mode de vie et notre lien aux autres, ainsi qu’à rester en bonne santé. Elle transformera la relation entre citoyens et gouvernements, personnalisera l’apprentissage mixte dans les écoles et placera les patients au cœur de leurs plans de soins.

Mais la technologie nous permettra aussi de vivre de manière plus durable et de diminuer notre empreinte carbone. Or, paradoxalement, la technologie contribue au réchauffement de la planète.

Les statistiques du Forum économique mondial, par exemple, montrent que le numérique peut déjà contribuer à réduire de 15 % les émissions mondiales de CO2. Et les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique peuvent contribuer à faire des progrès sur 70 % des Objectifs de développement durable.

Concrètement, cela signifie que nous (inter) connecterons les connaissances et les données afin d’avoir un aperçu de l’ensemble d’une chaîne d’approvisionnement ou du parcours d’un matériau particulier dans la chaîne. Nous saurons alors clairement où des matières premières sont perdues et où il est possible de rendre le processus plus efficace afin d’émettre moins de CO2. La technologie permettra à une entreprise de déterminer l’origine de ses émissions les plus importantes et d’identifier les causes les plus faciles à traiter.

Mais la technologie doit aussi réduire sa propre empreinte carbone. Et elle le peut. Par exemple, chez Dell Technologies, nous avons déjà diminué la consommation d’énergie de notre portefeuille de 76,9 % depuis 2012 et sommes déterminés à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 dans toutes nos activités et celles que nous influençons.

Nul besoin d’attendre ; les solutions sont là. Mais la coopération reste cruciale. Montrons que nous mettons en pratique les leçons apprises.